Voyage au pays des images avec la Pensée visuelle

Du 28 juin au 19 juillet 2017, Fanny a eu la joie de participer aux ateliers en ligne du Visual Thinking Lab, avec Paul Messer, Mary-Alice Arthur et Amy Lenzo. – Rapport de cette immersion dans le monde du visuel.

Session 1 : Cartographier

À 19 heures, heure française, j’étais devant mon écran, en même temps que vingt autres individus à travers le globe. Les vérifications techniques d’usage terminées, la session était lancée.

Nous avons commencé par un premier exercice où, d’un geste libre, nous avons donné naissance à de jolis oiseaux. Outre l’effet d’inclusion en partageant nos productions très personnelles, la force d’un tel exercice basé sur le principe « Tu as une main, un crayon, c’est bien assez ! » est apparue dans toute sa clarté !

Puis, le principe de modélisation a été abordé avec des questions venant chatouiller les évidences, telles que : « Que voulons-nous représenter, en fait ? », « Jusqu’à quel niveau de détails avons-nous besoin d’aller ? » « Quelles sont les images que les personnes ont déjà dans la tête ? »
Ces questions font remonter à la surface les choix pratiques d’utilisation des outils visuels, quel que soit le niveau de chacun.
Elles se posent à la fois sur la technique et sur la posture. Dessiner, c’est représenter les choses qu’il y a autour de soi. Et c’est aussi se représenter, soi, parmi ces choses. Philosophie ? Bien sûr, comme pour toute discipline. Ce n’est pas parce que nous travaillons sur les images que nous devons être superficiels !

Paul nous a proposé d’aller plus loin que les outils lors de ces ateliers en ligne. Il a cherché à nous transmettre la pensée du designer, ou design thinking, fonctionnant pour beaucoup sur la pensée visuelle. Les designers se soucient d’apporter des solutions originales aux problèmes actuels. Ils sont amenés à sortir des sentiers battus, donc à utiliser de nouveaux outils, incluant l’image.

Une mise en pratique de ces réflexions s’est faite avec l’activité « Dessinez votre projet », à présenter en sous-groupe ensuite. Paul a expliqué que sa méthode de transmission combinait son expérience de facilitateur graphique avec les pratiques de l’Art of Hosting, ou l’art d’accueillir les conversations qui comptent. Il n’était pas question de directives sur comment dessiner, mais de questions à se poser pour avancer. « Qu’est-ce que je vois ? » et « Qu’est-ce qui manque ? » Outre l’approche bienveillante, ces interrogations font appel au sens… du visuel !

Nous attendions des retours sur des éléments techniques des dessins (« On verrait mieux le titre si tu le faisais comme ci »), mais, en fait, dessiner son projet, c’est faire des choix, et cela révèle beaucoup sur la façon de penser son projet (« Pourquoi tu as mis ces mots en gros alors que tu nous a dit que le titre c’était ça ? »). Utiliser l’outil visuel permet de faire émerger l’invisible, ce qui n’aurait pas pu ressortir par une autre voie(x). Les retours par les différents participants étaient variés, mais tous enthousiastes.

Session 2 : Raconter en images

Il s’agit de la phase de mise en images sous une forme narrative de nos projets, ou storyboard. Paul a insisté sur cette étape qui correspond à la phase de prototypage dans le design thinking. Cela n’a pas vocation à être parfait, mais de donner à voir. Comme nos dessins.

Nous avons d’abord travaillé sur la notion de persona. Pourquoi lister les caractéristiques des personnes que nous souhaitons aider à travers nos projets alors qu’il est si simple de les dessiner ! Leurs portraits sont apparus sous nos yeux, rendant palpables ces inconnus. Pouvoir les imaginer permet de mieux travailler avec eux.

Ensuite, pour préparer le terrain du storyboard, nous avons pratiqué l’outil du crazy eight. Je le nommerais bien « les 8 magiques », tellement j’adore cet exercice ! Pour faire court, il s’agit de dessiner dans un certain nombre de cases (ici huit), un dessin par case en un temps donné (ici une minute par case donc par dessin). Là encore, il est tellement évident que le dessin permet de trouver de nouvelles idées, non pas pour mieux représenter son projet, mais pour mieux le penser, le remettre sur le métier et le faire progresser.

Cette expérience de narration visuelle, très forte, fait ressortir le cœur de nos projets, en visualise les manques, en révèle les intentions, et permet aussi de clarifier nos démarches et de visualiser concrètement le processus que nous proposons.

Session 3 : Le pouvoir de l’image

Paul nous a donné des exemples avec les affiches de cinéma qui indiquent immédiatement le style du film, mais aussi la question du cadrage qui donne un sens à une photo ou, encore, la puissance des symboles. C’est une réflexion que j’aborde aussi en formation, la responsabilité que nous avons, en tant que facilitateur graphique, des images que nous produisons et utilisons. Nous avons aussi des choix à faire : des images simples pour se faire comprendre ou des stéréotypes que l’on reproduit ? Comment par exemple représentez-vous le temps? Quelle est l’image qui vous vient ? Horloge ? Chronomètre ? Que faites-vous alors de la dimension vivante, dynamique du temps ? Pourquoi ne pas dessiner une spirale plutôt, pour sortir de la segmentation, de l’enfermement véhiculés par le chronomètre ou l’horloge ? Nous pouvons sortir des idées préconçues pour aller au plus proche du sens que nous souhaitons exprimer !
D’où l’importance de prendre le temps de produire ses propres images et de se constituer une bibliothèque visuelle. Nous pouvons exploiter tous les éléments graphiques à notre disposition pour rendre visibles les nuances, faire émerger les points de vue et les perceptions, relever les points communs et les différences.

Session 4 : Nouvelles technologies

Transposer une image faite à la main sur un ordinateur peut être chronophage. Aujourd’hui, il est possible de dessiner directement sur tablette avec des logiciels dédiés, que l’on peut allier aux réseaux sociaux. Ainsi, à la capture en images, peut s’ajouter l’instantanéité de la diffusion, ouvrant alors de nouveaux horizons de possibles.

Pour résumer, le Visual thinking lab est une formidable rencontre entre passionnés du visuel, que l’on sache dessiner ou pas. Ce ne sont pas des ateliers qui se confinent dans des techniques. Ils invitent à une transformation de ses propres pratiques. La proposition est de toucher du doigt la beauté de la pensée visuelle pour pleinement investir les outils qui l’emploie, afin de penser, construire, créer ensemble.

Comme disait un barbu plutôt lucide, nous ne pouvons résoudre les problèmes avec le même mode de pensée que celui qui les a engendrés. Alors, empruntons la voie du visuel !

Venez nous rejoindre, à Toulouse, Montpellier, Marseille ou Lausanne, en novembre prochain pour révéler, mettre en lumière votre pensée visuelle.

Comme le dit Paul :« nous sommes tous des apprenants visuels »

 

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