Codesign d’une bibliothèque du futur

Le co-design peut être vu comme un processus d’apprentissage mutuel ou une manière d’explorer le futur de manière collaborative (E. Björgvinsson). Le projet de réaménagement de la Bibliothèque de Saint-Léonard à Montréal se prêtait parfaitement à une démarche de codesign.

Une vision provisoire d’un futur espace culturel avait déjà été établie à partir de groupes focus, de sondages et d’études: on parle d’un espace qui réunit des fonctions de bibliothèque, des fonctions culturelles et des fonctions de fabrication artisanale. Même s’il y avait de la clarté pour le réaménagement de l’espace, les aspects concrets d’un tel mélange de fonctions étaient encore flous et inconnus. Quelle serait l’expérience des visiteurs? Comment les trois axes pourraient-ils interagir ensemble? L’idée de faire vivre des expérimentations des trois fonctions, dans un même espace et en même temps était un moyen futé de faire toutes sortes d’apprentissages pour mieux informer le futur du projet.

Une démarche de codesign peut prendre multiples formes. Voici ce que nous avons convenu pour cette situation particulaire.

Intention Apprentissage et fabrication collective pour mieux élargir, enrichir et activer notre capacité à faire du sens autour d’un futur possible avant même d’y être. Dans ce cas-ci, une bibliothèque avec un mandat triple : mandat de base d’une bibliothèque avec l’ajout d’un volet culture et un volet fabrication artisanale.
Durée De courte durée, le 13 mars 2015, de 10h à 18h. Versus longue durée.
Composition Équipe percolab, équipe Communautique, équipe bibliothèque, organismes du milieu et citoyens. Il y a eu presque 1000 visiteurs au cours de la journée.
Échelle Dans une seule institution (versus multiples institutions)
Lieu In-situ (versus ailleurs)
Méthodes Pratiques prototypages – 25 expérimentations en parallèle (versus idéation, probes, réflexions)
Relations Chacun (équipe, citoyen, organismes) peut mener des choses de façon égale et chacun est redevable de ce qu’il mène.
Stratégie d’apprentissage 5 dimensions dégagées pour guider la collecte de donnés et apprentissages : mixité (intergénérationnel et interculturel), programmé, programmable, synchronicité, liens avec le milieu, cohabitation des usages,

La démarche s’est mise en place comme suit :

1. Une expérience ethnographique a permis d’établir des balises pour guider la démarche, des espaces, besoins et possibles de la bibliothèque.

2. Un atelier de co-planification avec les organismes du milieu et citoyens a permis de révéler les expérimentations que les gens souhaitaient faire. 2015_02_12 4 copy3. Deux ateliers de co-planification avec l’équipe de la bibliothèque a permis d’impliquer l’équipe dans le processus (l’horaire de la journée de co-design et l’organisation de l’emplacement de chaque activité) et aussi de révéler quelques expérimentations que des employés souhaitaient menées.

4. Communication de l’événement dans le journal local, aux organismes du milieu et par le réseau de la bibliothèque a permis d’ouvrir la démarche très largement.

IMG_2829 5. Établir la stratégie de la collecte des données. Convenir de 5 dimensions à creuser à travers 4 méthodes.

  • Un jeu de cartes pour capturer des informations clés des visiteurs.
  • Des entretiens visiteurs et parcours de visite pour aller en plus de détail dans les axes.
  • Entretiens avec les promoteurs des activités.
  • Observations ethnographiques de la journée.
  • Debrief avec l’équipe de la bibliothèque.

6. Tenir la journée. En tout 1000 personnes ont participé et s’assurer de la collect des données.

7. Faire l’analyse des donnés pour dégager les résultats et produire un rapport qui servira pour la suite du projet.

Référence : Björgvinsson, E. (2008). Open-­‐ended participatory design as prototypical practice. Co-­‐Design Vol. 4, Nos. 2, pp 85–99.

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La participation citoyenne, une démarche pédagogique?

Comment les citoyens peuvent-ils vraiment contribuer à des projets majeurs? Est-ce un vœu pieux, peu réaliste, de vouloir les impliquer directement, dès le début, dans la conception et le développement des projets?

Chez percolab, nous croyons profondément à la participation active des citoyens dans la construction de leur environnement de vie et de travail. C’est d’autant plus vrai que, devant la complexité des défis auxquels nous sommes confrontés, on ne peut se priver de leur expertise. La démarche sera plus profitable si les citoyens sont invités à s’y impliquer rapidement. Le plus tôt sera le mieux.

Nous aimons co-développer les démarches de participation citoyenne sur base des quatre principes suivants :

  1. Aller vers le citoyen, dans son milieu, ses routines, son quotidien. Par exemple, dans le cadre du projet Imaginons Saint-Marc, nous avons été à la rencontre des paroissiens après une messe, en offrant du thé et le partage d’un repas léger. C’était le moment idéal pour les interpeller. Ces personnes n’allaient probablement pas se déplacer à un évènement formel, bien qu’elles aient beaucoup d’idées à partager.
  2. Offrir un espace-temps pour s’ouvrir aux possibles et accueillir l’inattendu. Cela peut se faire à travers le partage d’expériences inspirantes, d’anecdotes, ou encore à travers des mises en situation qui permettent d’explorer différentes perspectives. Nous aimons utiliser le prototypage in situ pour permettre aux participants d’entrer dans une démarche de découverte active.
  3. Soutenir le citoyen dans l’appropriation de la complexité d’un projet. Il importe de ne pas submerger le citoyen d’informations mais de lui permettre de saisir la complexité du projet de manière progressive. Il est par exemple possible de délimiter un volet très précis du projet et de proposer aux citoyens de poser toutes les questions qu’ils souhaitent à des professionnels et à des experts afin de mieux saisir les enjeux et les éléments clés du projet. Il est également envisageable d’élaborer un outil pédagogique. Par exemple, dans le cadre d’une démarche concernant l’avenir d’une bibliothèque, nous avons utilisé une affiche (infographie) pour expliquer l’histoire de l’évolution des bibliothèques. Les citoyens ont ainsi eu l’occasion d’explorer la question avec une certaine perspective.
  4. Offrir un espace pour l’émergence d’une voix collective. Nous estimons que la participation citoyenne est bien plus que la somme des avis individuels. Il importe d’aller au-delà de la collecte des points de vue individuels et de chercher à obtenir, à travers les échanges, l’exploration et l’expérimentation, la convergence et l’émergence d’idées fortes, partagées et porteuses d’énergie.

La clé de la réussite dans tout cela? Elle tient dans l’art du design du processus, de la médiation de la démarche et dans une sensibilité andragogique constante – celle qui reconnaît à toute personne une expérience et des acquis qui peuvent servir dans toutes les facettes de sa vie, et ce, y compris en tant que citoyen actif. En tant que designer pédagogique, je suis profondément convaincue de l’importance de cette approche.

 

 

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Photos par Kim Auclair, Journée participation citoyenne dans le cadre du Projet secteur Champ-de-Mars (septembre 2014).

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Le Cercle Mandalab : la co-création interorganisationnelle

L’initiative Mandalab à Montréal s’insère dans un mouvement de transformation de la société québécoise vers de nouvelles structures et de nouveaux modes de fonctionnement. C’est un laboratoire vivant citoyen pour l’incubation d’innovations sociales, technologiques et économiques en développement dans la région métropolitaine.

Un cercle d’apprentissage a été mis en place pour que le développement du Mandalab avance en cohérence avec l’esprit de l’initiative. Le lancement du cercle a eu lieu le 6 mars 2012 autour de la question :

Comment nos projets et nos organisations s’inscrivent dans le laboratoire vivant citoyen, le Mandalab ?

Plus de 50 participants ont répondu à l’invitation à participer au lancement du cercle Mandalab. La demi-journée s’est déroulée en trois temps.

I) Établir une compréhension commune du Mandalab
Quatre citoyens experts ont tenues des discussions sur quatre aspects clés de Mandalab :

  • Sa raison d’être et description, par Monique Chartrand
  • Ses services, par Joëlle Sarrailh
  • Ses valeurs, par Alain Ambrosi
  • Les caractéristiques d’un laboratoire vivant (co-création, exploration, expérimentation, évaluation), par Yves Otis

II) Connecter ses projets à l’initiative Mandalab

Les organisateurs avaient fait l’hypothèse que les participants auraient des projets en cours, en émergence ou en rêve qui seraient en lien avec Mandalab. Les participants ont identifié et partagé leurs projets sur une ligne de temps collective, portée par l’initiative Mandalab. Le détail des actions à venir dans les prochains mois de tous ces projets permet de constater des convergences insoupçonnées.

III) Démystifier le concept et le fonctionnement du cercle Mandalab

Les six piliers des cercles Équipage ont été présentés, laissant place à une discussion sur la manière dont ils s’appliquent au Cercle Mandalab. Dans un cercle, chaque membre :

  • assiste à une série de rencontres
  • explicite ses intentions
  • apporte un projet au cercle
  • contribue à l’avancement du projet collectif, dans le cas présent, le Mandalab
  • cultive sa curiosité, son initiative et son expérimentation dans le cercle
  • agit avec authenticité (« parler du coeur »)

Finalement, les participants ont pu indiquer leur niveau de participation dans le développement du projet Mandalab durant les prochains mois : en tant que membre du cercle, ami de l’intiative ou en faisant partie du réseau élargi. Le cercle Mandalab se rencontrera à cinq reprises d’ci la fin du mois de juin 2012. À suivre donc!

Visionner le vidéo du lancement :

 

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