Plan d’action pour MedilabSecure, Réseau Européen de Recherche

Contexte

Medilabsecure est un large réseau collaboratif et multidisciplinaire de laboratoires et d’instituts de santé publique (virologie humaine, animale et entomologie médicale). Ce projet européen est dédié à l’étude, diagnostic et surveillance des maladies virales émergentes sur le pourtour méditerranéen et la mer noire.

Doté d’une forte reconnaissance pour le travail accompli au cours de ses 4 ans d’existence, le réseau vise un nouveau cycle de financement dès juin 2018 auprès de la UE.

Pour lancer le deuxième volet de financement, le comité de coordination a choisi de se faire accompagner par Percolab afin de consolider résolument la transversalité et l’intégration entre activités. Le point de mire de cette rencontre stratégique est la co-construction du plan d’actions sur les 4 prochaines années.

Rôle de Percolab

  • Co-design du programme avec l’équipe coordinatrice
  • Facilitation en anglais des journées
  • Capture des différentes étapes et prises de décisions collectives

Démarche

Dès le départ, cette intervention se place sous le signe de la co-construction serrée avec l’équipe de coordination (basée à Montpellier et Paris) de ce séminaire stratégique. Plusieurs rencontres préparatoires nous permettent d’intégrer les deux enjeux majeurs de la rencontre dans le design : l’ajout d’une nouvelle activité dans le futur programme, avec une composante environnement/climat (modélisation d’arrivée d’épidémies), et l’élargissement du périmètre territorial à des pays du Sahel demandé par la Commission.

Ce travail préparatoire nous a permis de calibrer les dispositifs participatifs en tenant compte des impératifs de ce type de séminaire, comme les présentations, dont celle de l’évaluateur désigné du projet. Notre partie pris a été de les faire vivre dans un dispositif adapté (storytelling) qui a permis de faire le bilan et mettre en lumière les points de convergences, de divergences et les questions restantes pour le réseau.

En alternant les temps de travail en grand groupe, comme la production collective d’un SWOT, le partage via un fishbowl sur la thématique d’une meilleure intégration des nouveaux venus, et les ateliers via un forum ouvert sur l’amélioration de la transversalité, le groupe s’est acheminé vers la production d’un macro-plan d’action sur 4 ans, en mode visuel, sur de larges feuilles.

Résultats

  • Plusieurs prises de décisions collectives (selon le processus de prise de décision par consentement) sur des points de gouvernance importants pour la suite où chacun-e aura eu l’opportunité de clarifier sa compréhension des sujets et exprimer ses réactions.
  • La productions d’un plan d’actions co-construit ensemble à la fin du séminaire, avec une cohérence budgétaire.

Impacts

Participation des différents membres du réseau et des partenaires invités pour lancer ensemble et de manière collégiale cette deuxième phase importante du travail du réseau.

Consolidation de la transversalité des activités à venir avec plus de collaboration intersectorielle, lisible dans le macro-plan d’action final.

Facilitation de l’intégration de la nouvelle activité transversale sur l’environnement/climat avec la présence de son coordinateur.

Témoignage de la coordinatrice

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Voyage au pays des images avec la Pensée visuelle

Du 28 juin au 19 juillet 2017, Fanny a eu la joie de participer aux ateliers en ligne du Visual Thinking Lab, avec Paul Messer, Mary-Alice Arthur et Amy Lenzo. – Rapport de cette immersion dans le monde du visuel.

Session 1 : Cartographier

À 19 heures, heure française, j’étais devant mon écran, en même temps que vingt autres individus à travers le globe. Les vérifications techniques d’usage terminées, la session était lancée.

Nous avons commencé par un premier exercice où, d’un geste libre, nous avons donné naissance à de jolis oiseaux. Outre l’effet d’inclusion en partageant nos productions très personnelles, la force d’un tel exercice basé sur le principe « Tu as une main, un crayon, c’est bien assez ! » est apparue dans toute sa clarté !

Puis, le principe de modélisation a été abordé avec des questions venant chatouiller les évidences, telles que : « Que voulons-nous représenter, en fait ? », « Jusqu’à quel niveau de détails avons-nous besoin d’aller ? » « Quelles sont les images que les personnes ont déjà dans la tête ? »
Ces questions font remonter à la surface les choix pratiques d’utilisation des outils visuels, quel que soit le niveau de chacun.
Elles se posent à la fois sur la technique et sur la posture. Dessiner, c’est représenter les choses qu’il y a autour de soi. Et c’est aussi se représenter, soi, parmi ces choses. Philosophie ? Bien sûr, comme pour toute discipline. Ce n’est pas parce que nous travaillons sur les images que nous devons être superficiels !

Paul nous a proposé d’aller plus loin que les outils lors de ces ateliers en ligne. Il a cherché à nous transmettre la pensée du designer, ou design thinking, fonctionnant pour beaucoup sur la pensée visuelle. Les designers se soucient d’apporter des solutions originales aux problèmes actuels. Ils sont amenés à sortir des sentiers battus, donc à utiliser de nouveaux outils, incluant l’image.

Une mise en pratique de ces réflexions s’est faite avec l’activité « Dessinez votre projet », à présenter en sous-groupe ensuite. Paul a expliqué que sa méthode de transmission combinait son expérience de facilitateur graphique avec les pratiques de l’Art of Hosting, ou l’art d’accueillir les conversations qui comptent. Il n’était pas question de directives sur comment dessiner, mais de questions à se poser pour avancer. « Qu’est-ce que je vois ? » et « Qu’est-ce qui manque ? » Outre l’approche bienveillante, ces interrogations font appel au sens… du visuel !

Nous attendions des retours sur des éléments techniques des dessins (« On verrait mieux le titre si tu le faisais comme ci »), mais, en fait, dessiner son projet, c’est faire des choix, et cela révèle beaucoup sur la façon de penser son projet (« Pourquoi tu as mis ces mots en gros alors que tu nous a dit que le titre c’était ça ? »). Utiliser l’outil visuel permet de faire émerger l’invisible, ce qui n’aurait pas pu ressortir par une autre voie(x). Les retours par les différents participants étaient variés, mais tous enthousiastes.

Session 2 : Raconter en images

Il s’agit de la phase de mise en images sous une forme narrative de nos projets, ou storyboard. Paul a insisté sur cette étape qui correspond à la phase de prototypage dans le design thinking. Cela n’a pas vocation à être parfait, mais de donner à voir. Comme nos dessins.

Nous avons d’abord travaillé sur la notion de persona. Pourquoi lister les caractéristiques des personnes que nous souhaitons aider à travers nos projets alors qu’il est si simple de les dessiner ! Leurs portraits sont apparus sous nos yeux, rendant palpables ces inconnus. Pouvoir les imaginer permet de mieux travailler avec eux.

Ensuite, pour préparer le terrain du storyboard, nous avons pratiqué l’outil du crazy eight. Je le nommerais bien « les 8 magiques », tellement j’adore cet exercice ! Pour faire court, il s’agit de dessiner dans un certain nombre de cases (ici huit), un dessin par case en un temps donné (ici une minute par case donc par dessin). Là encore, il est tellement évident que le dessin permet de trouver de nouvelles idées, non pas pour mieux représenter son projet, mais pour mieux le penser, le remettre sur le métier et le faire progresser.

Cette expérience de narration visuelle, très forte, fait ressortir le cœur de nos projets, en visualise les manques, en révèle les intentions, et permet aussi de clarifier nos démarches et de visualiser concrètement le processus que nous proposons.

Session 3 : Le pouvoir de l’image

Paul nous a donné des exemples avec les affiches de cinéma qui indiquent immédiatement le style du film, mais aussi la question du cadrage qui donne un sens à une photo ou, encore, la puissance des symboles. C’est une réflexion que j’aborde aussi en formation, la responsabilité que nous avons, en tant que facilitateur graphique, des images que nous produisons et utilisons. Nous avons aussi des choix à faire : des images simples pour se faire comprendre ou des stéréotypes que l’on reproduit ? Comment par exemple représentez-vous le temps? Quelle est l’image qui vous vient ? Horloge ? Chronomètre ? Que faites-vous alors de la dimension vivante, dynamique du temps ? Pourquoi ne pas dessiner une spirale plutôt, pour sortir de la segmentation, de l’enfermement véhiculés par le chronomètre ou l’horloge ? Nous pouvons sortir des idées préconçues pour aller au plus proche du sens que nous souhaitons exprimer !
D’où l’importance de prendre le temps de produire ses propres images et de se constituer une bibliothèque visuelle. Nous pouvons exploiter tous les éléments graphiques à notre disposition pour rendre visibles les nuances, faire émerger les points de vue et les perceptions, relever les points communs et les différences.

Session 4 : Nouvelles technologies

Transposer une image faite à la main sur un ordinateur peut être chronophage. Aujourd’hui, il est possible de dessiner directement sur tablette avec des logiciels dédiés, que l’on peut allier aux réseaux sociaux. Ainsi, à la capture en images, peut s’ajouter l’instantanéité de la diffusion, ouvrant alors de nouveaux horizons de possibles.

Pour résumer, le Visual thinking lab est une formidable rencontre entre passionnés du visuel, que l’on sache dessiner ou pas. Ce ne sont pas des ateliers qui se confinent dans des techniques. Ils invitent à une transformation de ses propres pratiques. La proposition est de toucher du doigt la beauté de la pensée visuelle pour pleinement investir les outils qui l’emploie, afin de penser, construire, créer ensemble.

Comme disait un barbu plutôt lucide, nous ne pouvons résoudre les problèmes avec le même mode de pensée que celui qui les a engendrés. Alors, empruntons la voie du visuel !

Venez nous rejoindre, à Toulouse, Montpellier, Marseille ou Lausanne, en novembre prochain pour révéler, mettre en lumière votre pensée visuelle.

Comme le dit Paul :« nous sommes tous des apprenants visuels »

 

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À quoi sert une formation percolab?

Je suis consciente que notre approche de formation est non-conventionnelle, voir déstabilisante pour les participants.  

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Formation auprès des élus et agents de développement économique du Québec.

Il y a trois motivations derrière notre modèle  :

  1. Connecter ses façons de travailler avec des cadres conceptuels pour créer du sens.
  2. Vivre des expériences qui permettent d’entrer dans des subtilités pour amplifier sa manière de travailler.
  3. Construire sur ce que l’on fait déjà si bien avec plus de conscience.
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Atelier offert au secteur des entreprises d’insertion sociale du Québec.

Pas évident d’avoir des indicateurs sur de telles intentions.

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Des participants en plein travail lors d’un atelier sur les Méthodes d’intelligence collective.

Quand Philippe Garon, un participant d’une formation en région (Gaspésie, Québec), m’a fait un retour sur son expérience, ça m’a fait chaud au coeur. J’entends l’impact à travers son récit.

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Philippe Garon en action professionnelle.

« Bonjour !

Je suis un artiste multidisciplinaire qui vit en Gaspésie. J’offre aussi mes services en rédaction, correction et animation. Grâce à la direction régionale du ministère de la Culture et des Communications, j’ai eu la chance de suivre une formation de Percolab avec Samantha Slade ici à Bonaventure en juillet 2015. En compagnie de 15 autres intervenant(e)s culturels de toute la région, j’ai pu me familiariser avec de nouvelles techniques de mobilisation créative. Quelle belle bouffée d’oxygène ! Nous avons pu nous familiariser avec plusieurs méthodes originales pour dynamiser les rencontres des multiples organisations qui œuvrent dans nos milieux. Samantha a réussi à adapter le contenu et son approche en fonction de nos réalités.

Personnellement, depuis cette formation, j’applique le plus possible dans mon travail mes apprentissages et je sens réellement une différence. Mes clients aiment expérimenter des activités qui sortent de l’ordinaire dans le cadre de leurs réunions. Leur efficacité et le plaisir qu’ils éprouvent à travailler ensemble s’en trouvent décuplés. Mais au-delà des méthodes que nous pouvons maintenant leur proposer, il y a l’importance de l’ambiance, de l’atmosphère que nous installons au sein des équipes que nous aidons. Mettre l’accent sur l’énergie positive, sur l’intelligence collective. Offrir aux gens un maximum d’espace pour leur permettre de s’exprimer et prendre le temps de vraiment les écouter. Encourager le questionnement, le rire, l’accueil des émotions, la réflexion, la créativité et la recherche d’idées audacieuses. Voilà un programme ambitieux, mais tellement motivant ! Percolab m’a donné le goût de pousser plus loin la maîtrise de l’art d’animer pour aider les gens de chez nous. »

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Philippe Garon en plein travail lors de la formation percolab dans sa région.

Merci Philippe pour un retour si ouvert. Si vous avez un retour apprenant suite à un atelier ou expérience percolab, svp partagez!!

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Mobilisation créative et collaborative des milieux culturels

Nous vivons dans une société qui prône le travail individuel : on nous demande trop souvent de faire en solo plutôt que de faire avec les autres. Cette vision axée sur l’individu est un puissant frein lorsque nous souhaitons nous engager dans des projets majeurs qui sont en réponse à des besoins réels et pressants. Seul dans son coin, il est difficile d’imaginer les solutions neuves et adéquates qui méritent d’être mises de l’avant!

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Pourtant, dans le secteur culturel, les acteurs manifestent l’intérêt de collaborer et de cocréer afin de renforcer les capacités de leurs organismes et des personnes. Même si cela peut sembler anodin, le fait de réussir à travailler en partenariat avec d’autres s’avère une expérience puissante et fructueuse.

Mais ce n’est pas simple, l’expérience le démontre. Nous avons tous déjà vécu des projets qui ont été ralentis, voire même annulés suite de difficultés de tous ordres entre les différentes instances impliquées. Comment se crée cet écart entre le potentiel transformateur d’un projet et la réalité parfois autre de sa mise en œuvre? La réponse se trouve en grande partie dans les méthodes et les cadres conceptuels qui nous guident dans le travail.

Si l’on souhaite développer sa capacité à réaliser et à réussir les projets partenariaux ou multi-acteurs, il importe de recourir à des méthodes qui ajoutent à la fois de la rigueur et de la légèreté à la collaboration, qui nous aident à voir les différences entre les parties prenantes comme des forces et non des embûches, et qui font la part entre ce qui est essentiel à chacun et ce qui est accessoire. Bien que ces approches soient différentes des manières de faire auxquelles nous sommes habitués, elles nous sont familières puisqu’elles font appel à notre sensibilité, à notre intuition et au gros bon sens.

Ces méthodologies nous aident aussi à déceler les patterns récurrents propres aux processus collaboratifs pour pouvoir agir ensuite. À titre d’exemple, personne ne veut être contrôlé, mais on aime tous dicter ce que les autres devraient faire : comment dénouer cette situation qui montre que le pouvoir est un enjeu de premier plan dans les relations entre les personnes?

La mobilisation créative consiste avant toute chose à suspendre les suppositions avec lesquelles on travaille, à prendre du recul et à s’ouvrir à de nouvelles façons de faire. Les processus de cocréation sont au cœur de l’interdépendance et l’évolution constante de la vie.

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Trois astuces pratiques pour mieux collaborer et pour créer des partenariats durables

  1. Faire preuve d’ouverture à l’égard des autres, en invitant des personnes nouvelles aux conversations, afin d’ouvrir le partage de l’information et aller plus loin vers des territoires inexplorés.

  2. Pratiquer le lâcher-prise, en acceptant la vulnérabilité que le processus nécessite et en acceptant de travailler en mode brouillon avec d’autres.

  3. Renforcer le passage de « mon projet » à « notre projet ».

Percolab a collaboré avec le  Conseil de culture de la  Laurentide en offrant une formation sur la Mobilisation créative et collaborative des milieux culturels. Cet article a été publié dans le journal local en lien avec cette formation et les photos proviennent de la formation (prises par percolab). 

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L’innovation c’est la pollinisation

Qu’est-ce que l’innovation sociale? Est-ce une rupture ? Une évolution ? Et si on parlait plutôt de pollinisation?

L’équipe percolab a collaboré récemment avec le Rendez-vous de l’innovation sociale organisé par le Réseau québécois de l’innovation sociale (RQIS) dont nous faisons partie. Les multiples expériences de la journée nous ont permis de réfléchir autour de cette idée de l’innovation comme pollinisateur.

Indicateurs de l’innovation sociale et fishbowl

Un guide a été créé par le réseau pour aider à développer ces indicateurs et nous avons collaboré avec Luc Dancause et le projet La carotte joyeuse pour faire un premier essai de mise en application du guide. Lors du Rendez-vous, nous voulions partager cette expérience plus largement et nous avons opté pour la méthodologie de « fish bowl » pour faciliter une conversation avec les 200 participants. Cette méthodologie nous aide à réfléchir ensemble autour d’un sujet complexe, en l’occurrence les indicateurs de l’innovation sociale. L’intelligence collective de l’auditoire pouvait emmener la conversation dans des zones surprises et les personnes ressources qui ont entamé la conversation ont elles aussi appris. C’est une conversation authentique où nous étions tous dans notre curiosité et apprentissage.

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Crédit photo: Toma Iczcovits

https://en.wikipedia.org/wiki/Fishbowl_(conversation)
percolab article : Valoriser et honorer l’expertise dans les processus participatifs

L’effet domino

percolab a tenu une « aire d’animation » lors de l’événement et nous avons apporté des centaines de petits dominos pour explorer l’idée de l’effet domino et l’innovation sociale.

Des gens ont inscrit sur des dominos leur réponse à la question :

Qu’est-ce que l’innovation sociale pour vous?

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Le jeu nous aide collectivement à faire du sens.
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Nous ne sommes pas seuls à être fascinés par des dominos. Le Metropolis Festival à Copenhague en a fait un événement urbain spectaculaire avec 7000 blocs en béton.

La vidéo montre avec simplicité et brio l’effet de domino :

L’innovation sociale se fait par des petits changements.

Never doubt that a small group of thoughtful, committed citizens can change the world; indeed, it’s the only thing that ever has. Margaret Mead

Jeu des questions puissantes

Nous avons proposé un jeu des questions puissantes, créé par Helen Titchen Beeth, praticienne de Art of Hosting/l’art d’agir ensemble à la commission européenne. Comme l’aire d’animation était dans un espace public il a fallu ajuster le jeu.

Nous l’avons modulé pour que ça puisse se faire en 6 minutes avec 6 personnes. Une personne a une question et les 5 autres ont 5 minutes pour lui poser des questions en lien avec sa question initiale. Personne ne répond ou fait des commentaires – 5 minutes avec uniquement des questions qui sont posées.

Pour assurer une qualité d’écoute, 2 personnes seulement au centre ont le droit de parole. Les personnes à l’extérieur écoutent et, quand elles veulent prendre la parole, elles changent de place avec une personne à l’intérieur. Quelques personnes doivent faire l’interface avec le public autour pour expliquer ce qui se passe et chemin faisant protéger l’espace intime du jeu. À la fin des 5 minutes le porteur de question produit une deuxième version de la question.

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Des gens ont apprécié comment en l’espace de 5 minutes ils ont trouvé plus de clarté et leur question aiguisée et améliorée.

Et puis la magie de la pollinisation a fait qu’un passant nous a demandé si on était en train d’utiliser la méthode d’Augosto Boal, fondateur du théâtre des opprimés au Brésil et ancien maire de Rio. Il est l’initiateur du théâtre législatif qui a développé des techniques pour aider des gens à réfléchir sur des situations et problématiques ensemble en mode jeu. Nous avons ri ensemble – toutes ces méthodes font parties des communs.

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Valoriser et honorer l’expertise dans les processus participatifs

Comme beaucoup de praticiens des méthodes collaboratives, nous sommes parfois confrontés à la difficulté de concilier le rôle des experts avec les processus d’intelligence collective. Il n’en demeure pas moins que les experts sont présents et ils détiennent parfois des connaissances susceptibles de nourrir le processus. Nous avons donc voulu explorer les façons d’honorer à la fois l’expertise des individus et la force des groupes qui agissent en mode participatif.

De la rencontre, nous retenons le plaisir de pratiquer en communauté, la valeur de se soutenir les uns les autres dans notre apprentissage et le bonheur d’entrer à nouveau dans cet espace d’écoute privilégié qui nourrit notre être profondément. Nous avons aussi documenté le déroulement de l’activité, le processus vécu (fishbowl) et quelques apprentissages en lien avec la thématique explorée.

Conversation sur l’expertise

Nous avons entamé la rencontre par un check-in improvisé qui consistait à se choisir chacun trois expertises que nous souhaitions valoriser. Alors que plusieurs d’entre-nous avions des difficultés à identifier nos expertises, une conversation naturelle a émergé… à savoir qu’est-ce qu’une expertise?

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Voici les fruits de nos échanges.

  •     Nos passions sont souvent nos expertises
  •     Le contexte est important, nous exprimons notre expertise en relation avec l’expertise des autres
  •     Il faut assumer nos expertises, l’exprimer avec confiance lorsqu’on la ressent
  •     Le défi n’est pas tant de parler de son expertise que de l’incarner, de trouver la cohérence entre notre sujet et la façon de le partager
  •     L’importance et la beauté de rester dans une posture d’apprenant
  •     Pour nommer une expertise, nous pouvons trouver nos propres mots afin de qui lui donner vie et sens (Par exemple: Raquel est une “entremetteuse”, à suivre…)
  •     La puissance de l’expertise c’est d’entrer dans son pouvoir avec humilité
  •     Pourquoi parfois on se sent mieux quand on peut dire que l’on n’est pas expert? Ou que l’on est expert?
  •     Une expertise, c’est quelque chose que l’on pourrait faire en confiance, si notre vie en dépendait
  •     Pour savoir si c’est l’une de mes expertises, je me demande : est-ce que je pourrais en parler sans avoir à me préparer?

Et dans la vraie vie, comment faire ?

Lors de notre conversation, nous nous sommes demandés comment transformer les dynamiques souvent unidirectionnelles des rencontres d’experts. Voici certaines de nos questions :

  •     Comment accéder à la passion de l’expert?
  •     Quels contextes permettent à l’expert de reconnecter à sa passion?
  •     Comment élever la qualité de l’échange en présence d’experts?
  •     Comment miser sur l’abondance des expertises présentes dans une même salle pour apprendre les uns des autres?
  •     En tant qu’expert, comment faire pour continuer à apprendre de nos pairs?

La méthodologie Fishbowl

Il s’agit d’une méthodologie reconnue, souvent utilisée dans les « unconferences » et les Forum ouverts. Elle contribue à faciliter le dialogue entre experts de manière à exposer leur sujet à d’autres, élargissant ainsi l’apprentissage collectif du groupe. Il existe plusieurs variantes selon le contexte et le nombre de personnes impliquées. À la base, l’expert (le poisson) vers lequel les questions sont dirigées, est au centre d’un ou plusieurs cercles de personnes qui sont en écoute active (le bocal). Le cercle au centre est celui de la contribution et du partage, les personnes en écoute active se déplacent vers l’intérieur lorsqu’elles veulent contribuer.

On retrouve le fishbowl sous deux principales variantes, ouvert ou fermé. Lorsqu’il est ouvert, une ou plusieurs chaises sont disposées au centre avec l’expert et dans la dynamique de la conversation, n’importe quelle personne de l’audience peut venir occuper une des chaises au centre et contribuer à l’échange. Dans la méthode fermée, le facilitateur répartit le groupe en deux et assigne les rôles d’experts (au centre) et d’observateurs (autour). Les deux groupes se peuvent interchangé de position lorsque le sujet ou les questions sont épuisées. Cette variante est favorisée lorsqu’il existe un haut niveau d’expertise dans l’ensemble de la salle. Dans tous les cas, le facilitateur s’assure que le cercle extérieur reste en silence pendant la contribution du centre.

Cette méthodologie peut également être utilisée pour créer un dialogue entre deux groupes de personnes. Par exemple, des dialogues plurigénérationnels où les plus âgés sont au centre, les plus jeunes autour, puis on échange.

Une fois le sujet ou le temps alloué épuisés, le facilitateur fait la synthèse de la conversation et invite l’ensemble des participants à faire un retour. Les chaises au centre sont remises dans le cercle et les perles et expériences sont partagées. Chaque participant a l’opportunité de s’exprimer ouvertement. Il est important de partager par la suite la récolte des apprentissages et les ressources importantes à retenir.

Nos apprentissages

À travers notre expérimentation du fishbowl, nous avons vécu toute la puissance de cette méthodologie et fait de nombreux apprentissages.

Nous avons constaté à quel point la confiance est importante dans la réussite d’un exercice comme celui-ci. L’expert est généreux, il offre non seulement sa connaissance mais il le fait dans cette position de vulnérabilité. Ainsi, préserver la qualité de l’échange devient une responsabilité partagée entre chacun des membres du cercle. À chaque moment, quiconque en ressent le besoin ou l’utilité, peut rediriger la conversation en proposant une nouvelle question. Ce contexte de sécurité nous permet d’aller plus loin dans notre exploration, sachant que quelqu’un réagira si l’on sent que l’on atteint certaines limites. Le cercle agit donc comme le contenant d’une conversation tangible, qui se révèle devant nous au fil des questions.

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La conversation devient un véritable exercice d’intelligence collective, car elle renouvelle sans cesse notre propre curiosité et amène de nouvelles questions, qui révèlent à leur tour de nouvelles pistes d’exploration.

Pour l’expert, chaque nouvelle question est une occasion de découvrir la direction qui intéresse le groupe en temps réel et d’y plonger. À l’image de la lampe de poche, les questions permettent d’éclairer de nouveaux recoins de l’intelligence du groupe. Par moments, cette intelligence était palpable et la transmission de l’information d’autant plus profonde.

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Le plaisir d’être expert…

Être invité à titre d’expert c’est avoir le bâton de parole. C’est le privilège de partager ce que nous avons appris, ce que nous savons à ce moment précis. Cela nous donne également la possibilité de proposer des choses, de contribuer en dehors du « rôle », en incarnant notre expertise. Nous pouvons même devenir des « rebelles » dans les conférences. À la lumière des jeux de mots, “cessons d’être des ex-pairs et offrons généreusement notre expertise en tant que repères”. Ainsi, notre expertise prend une valeur d’autant plus grande que celle-ci est rechechée par notre entourage et livrée de façon dynamique. Comme nous l’avons vécu, dans la relation, l’expertise devient un savoir-vivant, qui se revèle de lui-même aux interlocuteurs. C’est ainsi que experts ou pas, nous continuons tous à apprendre en puisant dans notre intelligence collective.

Se reconnaître comme communauté de pratique

Nous sommes venus explorer une thématique qui nous tient à coeur et à laquelle nous faisons souvent face. Et, tout au long de la rencontre, l’ouverture, la confiance, et l’authenticité de chacun ont contribué à ce que l’on se sente ensemble, en train de vivre et de donner vie à la communauté de pratique Art of Hosting. À notre surprise, nous nous sommes rendus compte d’une évidence : “une communauté de pratique, ça pratique”. Quel bonheur de faire ce bout de chemin ensemble et de trouver de nouvelles questions à explorer. Pour la suite, se dessine un prototype d’activité combinant alimentation vivante et l’Art of Hosting. “Je fait ça naïvement”, nous dit Jonathan en lançant l’appel. “J’ai le don de m’embarquer…” Ferez-vous de même ?

Le mot de l’expert… qu’est-ce que David retient de l’exploration?

«Une chose est sûre, l’expertise est un mot avec lequel j’avais bien du mal. Être un “expert”, encore plus. Un poids sur les épaules, une obligation de pertinence, de performance, une compétence obligée. Mais comme je trouvais ces mots plein de prétentions, d’égo, d’attentes imposées! Toutes des choses qui pour moi allaient dans un sens bien loin de l’intelligence collective, de la curiosité, de la découverte.

Ce malaise, c’était donc celui-là. Celui de ne pas être cela. Il m’a toujours semblé qu’il appartenait aux autres d’en juger, pas à moi de le prétendre. Je résistais donc très fort à reconnaître ma propre expertise. Mais pourtant, l’expertise, je la reconnais à chaque jour dans mon entourage, dans les individus. Pourquoi donc ce malaise?

L’expertise, c’est ce que je peux apprendre de l’autre, en vertu de ce que je sais déjà. Mais accepter que les autres peuvent apprendre de nous est un défi plus grand qu’il ne le semble.

L’expertise n’est pas quelque chose d’objectif, de matériel, de mort. L’expertise, c’est nous! C’est nous dans toute notre humanité, notre ouverture à partager. L’expertise, on la découvre lorsqu’on entre en relation dans la curiosité. Dans cette relation, l’expert lui-même découvre ce qu’il voit, ce qu’il pense, ce qui le passionne. De quelque chose d’objectif dans l’individu, de connaissances, de savoirs, l’expertise devient quelque chose en nous, quelque chose que nous-mêmes ne connaissons pas entièrement, quelque chose à explorer. S’ouvrir sur ce que nous ne savons peut-être pas, c’est aussi s’ouvrir sur ce que l’on sait. Cette expertise-là, on ne la maîtrise pas complètement…elle est complexe, évolutive, mystérieuse: elle est vivante. Elle est notre visage d’apprenant. Et comme dans tout, c’est lorsque nous la mettons en pratique, lorsque nous la mettons en relation, qu’il nous est possible de la connaître, de la reconnaître. Notre expertise, c’est nous et tout ce que nous sommes. Et cela, on ne le découvre véritablement que lorsque nous nous offrons authentiquement dans notre relation avec les autres. »

Article par
David King-Ruel
Jonathan Jubinville
Juan Carlos Londono
Raquel Penalosa
Samantha Slade

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