Le travail digne

Le Congrès annuel des CRHA/CRIA (Conseillers en ressources humaines agrées et Conseillers en relations industrielles agrées) m’a étonné. J’ai senti dans l’air un vent de renouveau dans le milieu des ressources humaines. Et ce renouveau semble naître de plusieurs constats : celui du défi de recruter et de retenir des employés dans un contexte de pénurie de la main d’oeuvre, celui de l’épuisement professionnel et des maladies mentales qui assiègent le mileu de travail. Pas étonnant que c’est la dimension humaine qui a dominé pendant ce congrès.

C’est dans cet esprit que j’ai écouté avec empathie le film Histoire d’une vie et la discussion avec la réalisatrice Maryse Chartrand. Pour ceux qui n’en ont pas entendu parlé, Mme Chartrand et son mari Simon avait le projet de faire un film sur leur expérience incroyable de leur année de « décrochage », pendant laquelle, avec leurs trois enfants, ils ont fait le tour du monde. Un an de retour aux sources. Malheureusement, au retour à Montréal, Simon, papa, s’enlève la vie. Le projet doit se transformer en un film sur la santé mentale.

Les hommes, plus que les femmes, s’identifient par leur travail et ils vivent dans une société où la communication de leurs émotions est vue comme une faiblesse. Or la « souffrance » professionnelle n’est pas reliée au nombre de jours et d’heures que l’on travaille. Par exemple, dans le film, lorsque la famille visite l’atelier d’un artisan dans un pays du Sud, où ce dernier travaille des longues journées 7 jours sur 7, Simon est frappé que malgré les longue heures de travail, cette personne ne semble pas atteint de stress professionnel. C’est qu’il y a encore de la dignité dans son métier.

Et le congrès a enchaîné dans cette direction. Un atelier a porté sur la démarche appréciative qui base des interventions de solutions sur l’attention sur les forces, les moments d’excellence, des facteurs de succès. Une démarche qui réussit et dynamise au même temps. La conférence de Serge Marquis intitulée Est-ce que la peur de la mort rendrait nos entreprises malades? qui parle de « transparence et de valeurs », « d’une vision sereine du travail et de la vie », « de mobiliser les personnes par le désir de vivre pleinement et profondément ». Et pour finir, Laurent Saussereau est venu parler de deux manières de gérer et d’agir, « soit par la peur, soit par l’amour ».

Dans le contexte de ce congrès, mon intervention a été mieux reçue que j’aurais jamais pu l’imaginer. Je parlais de notre approche « inside out » pour avoir du recul dans une entreprise, pour valoriser collectivement le chemin parcouru et pour mieux s’avancer dans la direction donnée par ses valeurs et ses croyances. En fait, c’est une démarche simple qui permet le développement en continu d’une mémoire organisationnelle et d’une identitié numérique sur le web qui est le reflet véritable des compétences de l’entreprise. C’est aussi un moyen pour développer sa capacité d’être une organisation apprenante. Pour en savoir plus, voici la présentation :

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2 réponses à “Le travail digne”

  1. Christine Vaufrey dit :

    Bravo Sam pour ce billet et la présentation que tu as faite à ce Congrès. Je retiens la vision « inside out » dont tant d’organisations ont besoin… Pour ne pas recommencer sans fin depuis le début, pour prendre conscience de leur patrimoine sans que cela tourne à de l’autopromotion stérile… Beaucoup de très bonnes pistes, en tout cas. Bonne continuation !

  2. Sam dit :

    Merci Christine! Et puis voici un blog d’un ami qui parle du même sujet, mais autrement. http://www.grisvert.com/philippe/?p=100