Le mouvement du Cercle

Qu’est-ce qu’un Cercle? Question simple dont la réponse tombe sous le sens. Le Cercle réunit des personnes qui se rencontrent et discutent, en cercle justement. Fort bien. Est-ce vraiment le fin fond des choses, le « boutte du boutte » comme dirait mon vieux?

Pas vraiment. Quiconque a déjà cerclé – parce qu’on parle bien d’un verbe qui, à force de pratique, peut même devenir une condition (d’où le nom de « cercleux ») – sait bien que la forme du Cercle n’est que le contenant, l’espace où se déploie une dynamique bien particulière.

Adepte de longue date de la ‘pataphysique, la science des solutions imaginaires inventée par Alfred Jarry et incarnée par son personnage d’Ubu, j’ai moi-même d’abord été séduit par les spirales qui servent de logo à Équipage. La spirale, c’est la Gidouille d’Ubu, c’est le mouvement qui part du nombril du Père Ubu pour aller vers l’univers et lui revenir ensuite. C’est le mouvement totalisant d’une pensée englobante et janussienne qui englobe le réel et son double en un seul totem, une seule langue qui vrille au travers du bois bien pensant.

Le nombre d’or

Car le Cercle contient et surtout alimente une spirale de pensée et d’échanges qui fait la magie de ces rencontres, une réflexion par itérations qui revient sur elle-même à un niveau à chaque fois plus profond. Ce mouvement, je l’ai nommé la « centrifugeuse » du Cercle à l’image d’une toupie qui n’apparaît immobile que parce que son mouvement de vrille la maintient comme telle.

Ce mouvement dans l’immobilité apparente, parfois incrusté dans la matière, se retrouve par ailleurs partout autour de nous. Enfin, partout où le lisse cartésianisme n’a pas laminé le mouvement inhérent à la vie. À témoins les nombreuses manifestations de la suite de Fibonacci qu’on peut observer dans la nature, des coquillages aux galaxies.

Une galaxie

Un cyclone

Un coquillage

Du micro au macro, la spirale semble illustrer le mouvement de quelque chose de profond de la nature qui se manifeste comme une signature. Difficile de dire de quoi, mais il semble naturel pour un élément de tendre vers l’extérieur en revenant sans cesse sur lui-même. Un paradoxe à méditer.

par Marc Ouimet

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