Pourquoi vous devriez (re)commencer à dessiner (1/3)

Partie 1 : renouer avec le dessin

 

“Je ne vais pas y arriver”, “Je voulais faire cela, mais je n’ai pas réussi”, “Je m’excuse, mon bonhomme est moche”… Ces énoncés vous rappellent quelque chose ?         

Depuis 3 ans que j’anime des ateliers sur la pensée visuelle et la facilitation graphique, ces critiques négatives auto-infligées jaillissent régulièrement. Agents de la fonction publique, salariés d’associations, coachs indépendants, coordinateurs de réseau, salariés d’entreprise, consultants, formateurs…. Tous ont tendance à dévaloriser leurs productions avant même que les autres aient pu y poser un regard. Et les blocages s’installent insidieusement.

Alors que l’envie est là ! Et qu’à la fin tous finissent par créer de puissantes et efficaces représentations visuelles, aussi bien à l’issue d’un atelier de 2 heures que d’une formation de 2 jours.

 

Tout le monde peut dessiner, vous compris

 

“Tout le monde peut dessiner !” est le mantra, qui ponctue d’ailleurs les séances. Plus qu’une croyance, c’est une évidence : un crayon, un tour de main, et le dessin est révélé, avec tout son potentiel pour avancer. Quel que soit son niveau, tout le monde peut dessiner et construire une représentation qui fait sens à partir de ce qu’il a créé. Alors pourquoi sommes-nous si durs avec nous-mêmes quand nous nous lançons dans cette pratique ? Et quelle démarche adopter pour bénéficier pleinement de la puissance du visuel ?

 

A l’origine, tous dessinateurs

Il fut un temps où nous étions hauts comme trois pommes et étions alors reines et rois de la gribouille, au détriment souvent des tapis, tables, murs et autres surfaces de notre maison. A ce moment, la prise en main du crayon se faisait naturellement et sans contrariété, dans un plaisir sans cesse renouvelé. Pourquoi alors aujourd’hui sommes-nous si intimidés et durs avec nous-mêmes quand il s’agit de nos dessins ? De ce que j’ai pu observer, voici mes quatre hypothèses.

1. Nous cherchons la perfection, du premier coup

Nous ne sommes plus habitués à nous laisser le droit à l’erreur, tenter une nouveauté sans  impératif de résultats et nous laisser le temps d’éprouver de manière sensitive une activité pour pouvoir ensuite nous l’approprier. Nous visons l’optimisation perpétuelle de nos tâches, même dans l’apprentissage.

 

 

“Dessiner demande de créer, donc de faire des essais”

Or, en pensée visuelle, c’est à partir du moment où le dessin est créé que la réflexion arrive.

Mais, pour pouvoir le créer, il faut bien accepter qu’il ne sera pas parfait, sinon il n’existera jamais ! Car notre cerveau “droit”, siège de notre créativité et de notre pensée visuelle s’accommode mal d’une rationalité exigeante. Il nous faut abandonner l’objectif d’arriver à un résultat et s’autoriser à puiser dans nos émotions, pour dessiner et laisser émerger une production utile.

 

 

 

2. Les compétences manuelles ne sont pas assez valorisées

 

Ce n’est un secret pour personne, à l’école, les compétences ne sont pas franchement considérés comme déterminante. Que nous perdions confiance en nos habiletés créatives n’est donc pas une surprise.

(Evolution : 1998 – 2018)

“Nos habiletés en dessin reviennent avec la pratique”

Nous ne sommes donc plus entraînés, voilà tout. Se remettre à penser avec le visuel, et à faire coïncider notre intention au geste de notre main demande un peu de pratique. C’est comme lorsque l’on souhaite se remettre au sport, on ne vise pas immédiatement le marathon, n’est-ce pas ? C’est en pensant avec le visuel que l’on devient penseur visuel. Le secret ? S’exercer, s’inspirer, pratiquer, encore et encore. Notre sensibilité, plutôt vue comme une faiblesse dans les anciens modes de management, est aujourd’hui un atout.

 

3. Le visuel cristallise les critiques

 

L’histoire du graphiste qui devint fou

Peut-être connaissez-vous le destin tragique du graphiste qui doit réaliser une commande mais qui face aux critiques de ses multiples interlocuteurs, recommence inlassablement son ouvrage…

Une explication à cette situation : nous sommes très exigeants avec le visuel. Tout peut s’y trouver : le sens, les goûts des uns et des autres, la portée symbolique, voire politique… Il est donc important de retrouver des priorités.

Astuce, voici des questions à se poser, selon le design thinking :

  • Qu’est-ce qui est important dans le travail que je fais aujourd’hui ?
  • Qu’est-ce que je cherche à créer : quelque chose de “joli”, quelque chose que l’on comprenne, quelque chose qui sort du cadre ? Attention, une seule réponse possible !

Ensuite, lorsque je souhaite recueillir des retours, quelles questions vais-je poser et quels types de réponses vais-je garder ?

Si je me concentre sur ce qui compte pour moi, la pression retombe. De plus, travailler en direct et au marqueur / feutre signifie que la première fois est forcément la bonne ! Bienvenue dans le monde du lâcher-prise invité.

 

4. Nous oublions que dessiner et s’amuser font partie de l’humain

Lors des formations, l’aspect enfantin du dessin est rarement un blocage, mais interroge : “Moi ça va, mais je ne sais pas si mes collègues vont bien vouloir se prêter au jeu”, “Je ne me vois pas faire dessiner mes supérieurs !”. Associé au monde de l’enfance, au “non sérieux”, au jeu, le dessin est discrédité d’un point de vue professionnel. De plus, lorsque nous dessinons, nous nous mettons à nu et laissons pointer nos émotions.

“Dessiner c’est créer, c’est se montrer soi, en 2D”

 

Nous ne pouvons plus nous cacher derrière les mots et l’imperfection des traits peut dissoner avec notre attitude, notre apparence et notre langage. Mais il y a le plaisir ! Ce plaisir joyeux où l’on ne voit pas le temps passer ! Et si vous prenez plaisir à dessiner, ce sera partagé. Oui, le dessin peut faire peur, mais surtout le dessin peut faire du bien. Lançons-nous, et nous verrons ce qu’il en sort. Si vous vous sentez limités par vos capacités en dessin, dites-vous que c’est tant mieux, car cela vous amènera à dessiner uniquement ce qui est essentiel pour vous.

Ainsi, partons du principe : “Je peux le faire !”. Ce que vous faites a de la valeur, vous pouvez construire dessus, car vous en êtes l’auteur.

 

 

 

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The future is in business as commons | Samantha Slade | TEDxGeneva

The future is in business as commons. In a world where business models are changing and even the traditional notion of work has lost its fit with current paradigms, Samantha Slade an innovator and pioneer in organizational and business models will present a new organization mindset focused on compensation as conversation, co-governance and sharing and collaboration.

Samantha is driven by the transition to future paradigms. With a background in anthropology, she pioneers novel organizational models and practices. Ten years ago she co-founded two businesses – Percolab, an international co-creation and co-design company and Ecto a co-working cooperative in her home city Montreal, Canada. Samantha works with governments, startups, and professional associations and foundations to tackle their complex challenges. She also co-creates commons-based collective impact initiatives and platforms. Engaged in the commons and social innovation movements, Samantha is currently writing a book – Going Horizontal – Creating a Non-hierarchical Organization, One Practice at a Time (to be released in October 2018 with Berrett-Koehler Publishers). Samantha believes that organizations can be a microcosm of the world we want to live in.

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What is the pay system you dream of? Beyond the taboo of money

As an employee for 16 years, I was thankful for my regular pay checks. I never really gave a thought to how I would dream of being paid.  In 2007, I co-founded my own company and I was faced with the freedom and possibility of all that compensation could potentially be. A journey began.

At the start, submerged in the business of starting a business, my associate and I agreed on a model that was a cinch to administrate, though somewhat naive: equal salary. No need to waste time tallying up who is bringing in more business or debating who has more value. All company earnings go into a collective « pot » and equal pay comes out, irrelevant of what each person put in. A bit idealistic you might say? Yes. The model requires similar work experience, similar weekly work hours and similar vacation time. And of course it also requires sufficient revenues for all.

As the company grew, we realized we wanted to offer freedom and possibility for people to create the working rhythm and pace that suits their needs and desires. We didn’t want to systematize any obligations, giving preference to diversity and modularity. This meant that we needed to move on to a different compensation model.

Initially, we were attracted to an algorithm based compensation model. We were inspired by Buffer’s approach. They even have a transparent salary calculator whereby you can find out how much you would make if you worked there.   What were the variables that could help us establish our own contextualized formula?

After a bit of in house exploration we crafted a proposal for the team with our percolab variables as complexity of the work, experience and risk. We held a team workshop and each of us plugged in numbers to try to see if the formula would work for us. Major flop! The process revealed that working abstractly with numbers caused us to create a collective salary budget much higher than the funds available. We were operating from a dream scenario rather than reality. This is when it started becoming clear that the path to fair and equitable pay required the whole team to understand money flows of our company.

But how could we do this? The regular salary model offers stability and regularity of bi-monthly pay checks of fixed amounts as well as benefits. We generally have little influence or involvement in this approach as it is directly linked to an organisation’s budget and pay scale.  The freelancer model offers flexibility and autonomy around our earnings as we are responsible for negotiating our own contractual agreements. The latter model usually comes with extra administrative burden and stress to be able to ensure regular and sufficient pay. Was there a way to blend the advantages of these models together?

Things were becoming clearer. Not only did we want self-set salaries but we also wanted to allow for variance from month to month in the amount each person was earning or wanted to work. As simple as that, we broke free from our fixed salaries and stepped into a negotiated agreements model that we also call variable self-determined salaries.  In so doing, we each gained control over our earnings, began benefiting from a shared administrative system and were better able to leverage the collective work opportunities amongst ourselves to help ensure regular and sufficient pay for all.

Our percolab model goes like this.

  1. Each project has a project lead and project budget parameters (projects can be client based and others not)
  2. A fixed percentage of the project goes to the company  to cover our collective services  (our beautiful office, insurances, web services, resources, business development, accounting, work tools etc.) and development.
  3. Together, the project team (anyone in the team) discusses and makes financial agreements based the project honorarium budget, with full transparency. We strive for a feeling of fairness and there is freedom in how agreements are made
  4. Administration of the compensation model is carried out in a distributed, collective way.  Percolab team members keep track of their agreements with standardized tools and are responsible for their own data entry into the online book keeping system (WaveApps). The project lead takes care of all agreements, invoicing and billing with external contractors, clients and suppliers.
  5. Any challenges with a project that have consequences on the budget are managed within the project with the team and do not overflow onto the company.

Each month any percolab member is involved in multiple projects (as lead, team member or business development).  Therefore your salary is the sum of the work you accomplished that month in each project as per your agreements.

For the system to work, everyone needs to make explicit their work availability and skills they can offer or wish to develop within projects.

Suddenly it was if each person was injected with more space, freedom and creativity to sculpt their ideal professional world. A new service went from idea to reality and the team was stepping up to greater challenges  than ever before. Having control over ones earnings reveals itself as a key lever for empowerment and leadership. Services and business development grew. With hindsight it seems evident that for people to be in their full potential having control over their pay is a key condition.  

Underlying principles

  1. Engagement is commiserate with our power to self-determine our own salary and expenses. Each person is responsible for the salary they want to earn.
  2. Practicing conversations around value helps us to better own our own value.
  3. Our relationship with money is not a taboo, but a skill that can be developed.

Impact

This flexible compensation model has supported us getting beyond our assumptions and fears around pay. It helps us get to deeper conversations around value and to work with money without it being the finality. The potential of a team is strengthened through this compensation as practice approach. More specifically:

  1. Individual: We are all even more responsible and engaged. Each person is finding her own balance with how much she wants to be working, earning, learning, playing and making their personal projects come to action. We are each developing skills around money, business and value.
  2. Teams: More solidarity, mutual support and good spirit.
  3. Organization: More initiatives and entrepreneurship and more revenues.

Lessons

1. A compensation model is meant to be energizing a team forward – if that is no longer the case, then try out a different model. It’s as easy as that.

2. A compensation model can be flexible and self-managing

3. A flexible negotiated compensation model can be an enormous driver of individual, team and organisational development.

If you want to know more about this model and the tools that support its functioning, contact Samantha Slade sam@percolab.com

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Un territoire comme un commun

“Le Collectif des Garrigues a pour finalité de rassembler et de valoriser les expériences et les connaissances sur la garrigue, de contribuer au rapprochement des acteurs du territoire, et de susciter la réflexion sur le futur des garrigues, préservant et développant les spécificités de ce territoire, dans le respect des milieux et de sa vie citoyenne.”

nadineNadine Jouanen de l’équipe percolab, basée à Montpellier, France, emmène notre travail dans le Collectif des Garrigues. Le dernier webzine du collectif a fait un zoom sur Nadine. Le voici, reproduit ici :

Quel est votre lien avec le Collectif des Garrigues?
J’ai découvert le Collectif à mon arrivée ici en 2014. Je renoue avec ma région d’origine après 30 ans passées ailleurs dans le monde! Il m’aura fallu tout ce temps pour découvrir que mes racines étaient plongées profondément dans la garrigue. Ma jeunesse, passée à Nîmes, a ancré en moi ce paysage, les odeurs de thym et de pin, les caillasses et les vignes. Manu et David sont venus me chercher pour participer au bureau en 2015 et j’ai dit oui sans hésiter tant l’intention du Collectif des Garrigues colle à mes valeurs, ma vision de cette région et de l’animation citoyenne, multiple dont a besoin un territoire.

Que pouvez-vous apporter au Collectif et que vous apporte-t-il en retour? 
J’espère pouvoir apporter un surplus de participation, puisque c’est une compétence forte que je suis soucieuse de propager autant que possible. C’est la raison pour laquelle je travaille souvent avec l’équipe pour préparer le déroulé des ateliers, les rencontres, les forums et faire en sorte que l’intelligence collective se manifeste à plein. La reconquête des biens communs, et la gestion de nos communs est un autre axe important pour le Collectif et j’aimerais que mon action au plan national et international ait un impact positif pour une meilleure reconnaissance du Collectif comme acteur clé pour notre territoire sur ce sujet sensible et tellement important.
En retour, le collectif m’apporte une meilleure connaissance, profonde, multiple et transversale de ce bout de terre qui me tient à cœur.

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Quel projet vous motive le plus?
Je crois que c’est le projet global, c’est à dire le croisement entre tous les projets du Collectif. Cette vision du territoire dans toutes ses dimensions: géographique, humaine, économique, historique, culturelle… Je le vois bien en ce moment, où un nouveau groupe, Patrimoine et Arts Vivants est en train de se former et que je suis ravie d’accompagner. C’est formidablement enrichissant et c’est une chance incroyable que de pouvoir participer, modestement, à la reconnaissance de notre Garrigue et à son développement harmonieux. Je le dis souvent: vous vivez ici, adhérez et venez participer à nos chantiers, vous n’allez pas en revenir!

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Construire son territoire autrement

La garrigue désigne tout à la fois une flore et sa faune, une zone au sud de la France, entre Nîmes et Montpellier à peu près et une histoire très riche, puisque c’est le lieu de concentration le plus élevé en France de vestiges pré-historiques (tombes, pierres érigées et sculptées, dolmen…)

J’y suis née, j’en suis partie, j’y suis à nouveau installée depuis 2 ans et je redécouvre avec joie toute sa richesse, humaine, environnementale.

Localisation

FONS outre Gardon DEC2012 002

Quand je regarde le texte fondateur ou le modèle de gouvernance du Collectif des Garrigues, je vois le lien direct avec notre souhait d’introduire des processus participatifs et de contribuer au renouvellement des organisations.

Je suis fière que ce collectif soit venu me chercher pour les aider à avancer en faisant partie de leur conseil d’administration. C’est la plus belle reconnaissance de ma capacité à mener des processus participatifs et à en faire du commun; Travailler ensemble, être ensemble, construire ensemble.
Personnellement, c’est une façon extraordinaire de me réconcilier avec ma terre natale et la richesse de ce territoire que je ne voyais pas avant de partir de la région.
Retrouver ma pratique dans un collectif dont l’objet n’est pas la facilitation, la participation, mais qui s’en sert, c’est extraordinaire, qu’on vienne me chercher pour ça!
Le Collectif des Garrigues porte toutes mes valeurs et c’est chez moi! Il y a un côté miraculeux! Je vais très loin pour travailler, me former, et j’ai là, à l’échelle de ce territoire tout ce qui me fait vivre et espérer dans l’avenir.

Ce bout de terre, qui ne recouvre pas une entité administrative, qui sert à peine à nourrir les moutons, qui est déconsidéré, qui est un peu à l’abandon, est le lieu d’une reconstruction, autrement, ensemble, de ce qu’est un territoire – ça tient du cadeau de Noël!

L’ensemble des actions cherche à mobiliser tous les acteurs (rien ne se fait au détriment des uns pour développer les autres). Par exemple, le projet de ré-introduction de l’activité pastorale (remettre des troupeaux de moutons dans la garrigue) va faire l’objet d’une concertation auprès des citoyens, des entreprises, des propriétaires fonciers, des viticulteurs, des chasseurs… pour ne citer que ceux-là.
Ce projet a vu le jour car le collectif, par la voix de son Forum (assemblée générale) a décidé de supporter cette action puis s’est impliqué avec le soutien du conseil d’administration, ce qui donne le sentiment d’une vraie démocratie en action. Enfin, toute la démarche est documentée et tout est en creative commons dans un wiki, comme l’ensemble des productions des groupes projets.

L’encyclopédie vivante à elle seule, vaut vraiment d’être découverte.

MILHAU 011Photos : encyclopédie vivante des Garrigues, sous licence CC

Le collectif des Garrigues, c’est une pratique émergente de ce que pourrait être la construction collective du développement territorial; Même s’il n’est pas décideur, ni financeur, le Collectif des Garrigues montre une vraie vision pour le futur d’une nouvelle façon de construire ensemble nos territoires.cartopartieLedenon 008

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