Conversations sur les compétences : 8 portfolios numériques pour l'apprentissage tout au long de la vie, l'employabilité et les organisations apprenantes

5 mai 2008, à la SAT, Montréal

CC-BY Soil-Duck, by GrooverFW.

Organisée par percolab en collaboration avec l'Institut de coopération pour l'éducation des adultes (ICÉA), le Centre du savoir sur l'apprentissage chez les adultes du Conseil canadien sur l'apprentissage, Opossum et la Société des arts technologiques (SAT)

Introduction

Samantha Slade, percolab (Québec)

Introduction (audio, MP3)

Regards sur le portfolio numérique personnel et professionnel

Mario Asselin, Opossum (Québec)
Samantha Slade, percolab (Québec)

RésuméConversation (vidéo) • Échanges (audio) • Documents (PDF)

Samantha Slade était enseignante et pédagogue. Mario Asselin était directeur d’école. Puis, un jour, leur intérêt pour les technologies de l’information leur à fait découvrir une réalité émergeante : le portfolio numérique.

Au fil du temps, suivant des voies différentes, ils ont construit leur propre portfolio. Du personnel au professionnel, ils ont développé et défini une identité numérique qui leur est propre, qui reflète leur individualité.

Bien que différents, ces deux portfolios procèdent des mêmes questions. En effet, l’élaboration d’un portfolio numérique force son propriétaire à s’interroger sur ce qu’il veut dire de lui (QUOI DIRE?), à la manière dont il veut le dire (COMMENT LE DIRE?), à la raison pour laquelle il veut le dire (POURQUOI LE DIRE?) et aux gens à qui il veut le dire (POUR QUI LE DIRE?).

Samantha et Mario ont donc fait les choix qui leur convenaient. Ils ont adapté leur portfolio à leurs désirs, à leur besoins. Ils ont recherché un juste équilibre entre les dimensions de leur personne qu’ils réservaient à la sphère privée et ce qu’ils voulaient livrer à la sphère publique par l’intermédiaire de leur portfolio.

Aujourd’hui, Samantha codirige Percolab, une entreprise du domaine de la techno-pédagogie qui œuvre en processus collaboratifs de travail. Quant à Mario, il anime le blog « Mario tout de go » depuis plusieurs années et codirige Opossum, une entreprise où apprentissage et technologies vont de pair.

Pour l’une comme pour l’autre, le portfolio numérique est l’outil de valorisation des compétences du 21e siècle. Ils estiment par ailleurs que l’élaboration d’une identité numérique engage les adultes dans un processus de réflexion intimement lié à l’apprentissage tout au long de la vie.

Bref, ils rêvent du jour où tout adulte pourra se mettre en valeur à travers un portfolio numérique.

Hervé Dignard, ICÉA

Portfolios numériques, flexicurité et employabilité

Govert Claus, CWI (Pays-Bas)
Daniel Poulin, Emploi-Québec (Québec)

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Qu’il soit question d’employabilité ou flexicurité, les expériences menées au Québec et aux Pays-Bas pour valoriser les compétences des travailleuses et des travailleurs ont mis à profit différentes dimensions du portfolio numérique.

Aux Pays-Bas, Govert Claus a développé une plateforme Internet permettant à quelque 200 000 assistés sociaux de faire valoir en ligne leurs compétences, leur expérience et leurs intérêts.

À l’origine de l’innovation Hollandaise en matière de portfolios numériques, il y a la notion de « flexicurité » : flexibilité pour les employeurs et sécurité pour les travailleurs. Apparue dès 1995, cette notion est à la base de la loi sur la flexibilité et la sécurité, adoptée en 1999, qui permet aux employeurs d’avoir recours à des contrats de travail temporaires, tout en offrant aux travailleurs des droits accrus en matière de sécurité sociale.

S’appuyant sur une norme (ePortfolio NL), le portfolio hollandais est structuré, standardisé, cautionné par l’État. La formule facilite la reconnaissance des diplômes étrangers et permet à l’individu d’accomplir des démarches d’emploi auprès d’employeurs qui peuvent consulter une banque de portfolios en ligne.

Au Québec, Daniel Poulin a piloté le projet « Bilan de compétences ». Ce processus de réflexion développé pour les personnes en chômage permet de répertorier les compétences et l’expérience de l’individu, pour ensuite leur attribuer une valeur par rapport au marché de l’emploi, pour les transformer en acquis qui intéresseront un employeur.

Ce projet pilote répond aux impératifs d’employabilité qui dominent actuellement le marché du travail. Avec en poche leur bilan de compétence les travailleuses et les travailleurs ne sont plus démunis quand vient le temps trouver en emploi. Ils ont déjà identifié ce qu’ils doivent mettre en valeur pour intéresser tel ou tel employeur.

Mêmes éloignées l’une de l’autre, ces deux approches sont complémentaires. Assortie de sa norme ePortfolio NL, la plateforme hollandaise est un contenant intéressant et prometteur, auquel il ne manque que la dimension réflexive nécessaire à l’élaboration des informations qui y seront versées. Cette dimension, le bilan de compétences québécois l’offre, mais il aurait bien besoin d’un contenant structuré et accessible pour tous les employeurs.

Hervé Dignard, ICÉA

Portfolios numériques pour le renouveau professionnel et organisationnel

Martin Talylor, MHT Consultancy (Royaume-Uni)
Jan Goatcher, Société John Howard (Canada)

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Tous deux engagés dans des projets de portfolios numériques, Jan Goatcher et Martin Taylor sont à la recherche du renouveau professionnel et organisationnel.

Pour Jan Goatcher, qui œuvre au projet ESPORT (Essential Skills Portfolio), ce renouveau vise l’apprentissage et la mise en valeur des compétences de personnes qui sortent de prison ou qui ont des problèmes avec la justice.

ESPORT est un portfolio numérique qui permet à l’individu de structurer sa démarche vers un nouvel emploi. L’objectif de ce projet est d’aider des personnes qui ont souvent peu de connaissances en informatique à développer leurs compétences de base, faire l’inventaire de leurs acquis, explorer le marché du travail et dénicher un emploi.

Pompier de formation, Martin Taylor développe pour sa part une formule ePortfolio pour tous les pompiers du Royaume-Uni. Le renouveau professionnel qu’il recherche vise la normalisation et la systématisation de la formation reçue ou à revoir des pompiers en exercice. Au plan organisationnel, Martin Taylor souhaite faciliter tout le processus de reconnaissance des acquis d’une organisation à l’autre.

Muni d’un ePortfolio contenant l’historique de sa formation, un pompier pourra plus aisément faire la preuve de ses capacités et de ses compétences lorsqu’il passera d’un service d’incendie à un autre.

Pour Martin Taylor, ce ePortfolio doit proposer tout à la fois des normes, que tous les pompiers devront respecter, ainsi que différents cadres permettant de valider la formation reçue, de certifier les compétences consignées et de vérifier la capacité d’un individu à occuper telle ou telle fonction.

Cette formule adaptée engagerait les pompiers du Royaume-Uni dans un véritable processus d’apprentissage continu et permettrait une mise à jour régulière des compétences.

Hervé Dignard, ICÉA

Portfolios numériques pour l'apprentissage tout au long de la vie

Ghislain Drolet, Commission scolaire de Laval (Québec)
Theo Bondolfi, Fondation Ynternet, (Suisse)

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Ça discute ferme entre Ghislain et Théo, même si le Suisse est plus loquace que le Québécois. Tous deux soulignent les contributions du portfolio numérique à l’apprentissage tout au long de la vie.

Dans l’immédiat, le Québécois souhaite en faire un outil de francisation pour les nouveaux arrivants. Pour l’avenir, le Suisse voit dans le portfolio numérique une solution à la question de la présentation des individus sur Internet.

Un outil pour faciliter la francisation des nouveaux arrivants? C’est ce que tente de développer Ghislain Drolet, à l’intention des néo-Québécois qui demeurent à Laval. Ceci dit, l’apprentissage de la langue n’est pas le seul objectif de ce projet. Une importante place est faite à la mise en valeur des compétences, de même qu’à la recherche et à l’intégration en emploi.

Le projet lavallois nous plonge au cœur de la question de la présentation de l’individu. Qu’elle se présente en ligne ou dans la réalité, chaque personne le fait de manière différente, mais dans le respect de codes reconnus par tous.

Voilà où les préoccupations d’avenir de Théo Bondolfi prennent toute leur importance. Ce dernier estime qu’un portfolio numérique devrait nous servir à tous de carte de présentation universellement reconnue sur le Net. Selon lui, on ne devrait pas être obligé de fournir nom, prénom, âge, adresses courriels et autres chaque fois qu’on veut adhérer à un site de groupe.

Comme alternative à la situation actuelle, qui nous contraint à laisser sur le Net des fragments de notre identité, que d’autres gèrent pour nous selon leurs priorités, Théo Bondolfi propose la construction d’un tronc commun permettant à chaque personne de gérer son identité à partir d’un nom de domaine indépendant.

Selon Théo Bondolfi, trois composantes sont essentielles à ce tronc commun : nom de domaine indépendant, graphisme individualisé et système d’affiliation permettant de décider qui consultera le portfolio.

Ce système permettrait à chaque individu de participer à la construction de la toile et d’évoluer vers une nouvelle forme de citoyenneté. Il rendrait les générations futures plus autonomes et plus critiques.

Hervé Dignard, ICÉA

Conclusion

Darren Cambridge, George Mason University, Washington (États-Unis)

Conclusion (vidéo) • Échanges (audio)

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