Nouvelle formation sur la culture numérique

J’aime mon métier! Récement j’ai eu le privilège de concevoir et de donner une toute nouvelle formation aux futurs jeunes ambassadeurs du savoir (JAS), des jeunes adultes avec des parcours non linéaires qui vont aider d’autres jeunes adultes à redevenir ou à demeurer des apprenants actifs. Cette  formation est données dans le cadre d’un projet piloté par l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) et ses partenaires, dont percolab.

Dans cette formation, nous essayons de développer les compétences pour être des utilisateurs confiants et critiques des outils technologiques dans le cadre de leur mandat JAS et dans leur vie en général. Nous venons de donner les deux premiers ateliers d’une série de quatre – sur la présence dans le web et sur les communautés.

Quelques réflexions et quelques découvertes.

Nous avons fait une activité de partage sur le thème de l’outil technologique qui m’est indispensable dans ma vie quotidienne. J’ai présenté  Skype et Gmail pour me rendre compte que c’est bien plus que du « chat » et du courrier électronique. Skype permet le partage d’écrans, les appels vidéos – sans compter la possibilité de couper les frais d’appel interurbain. Skype interagit aussi avec les téléphones traditionnels et notre boîte vocale, etc. Les participants nous ont surpris en présentant une ligne de hockey virtuel et la rédaction dans un forum de littérature, l’intérêt d’un correcteur de français, des sites des Cégeps ou un site d’orientation de carrières, autant d’exemples qui ne sont pas venus de la bouche des formateurs. Ils sont forts! Et pour une formatrice, c’est le bonheur d’être en train d’apprendre.

Nous avons montré notre présence web. Je suis un cas extrême avec mon propre nom de domaine et un espace serveur que je paie à chaque mois (16 $ US) et mon portfolio numérique en ligne dans lequel je me dévoile dans mes réalisations, mes réflexions et même de petites production vidéos… On m’a demandé si le fait de tellement m’étendre sur la place publique m’apporté des ennuis. Que des belles surprises. Des contacts fort intéressants, mon réseau s’est enrichi et ma vie professionnelle aussi. Ce sont des choix être ou pas être dans le web – les aspects de notre vie physique que nous voulons poursuivre dans le monde numérique. Le concept de suicide numérique renforce le fait que nous avons bel et bien des identités dans le web.

Nous avons aidé les participants à entrer dans leur nouvel espace numérique – porté par BuddyPress. Chaque participant a son profil fait sur mesure pour remplacer le journal de bord traditionnel, un blog pour écrirer et pour publier sur le web. Le lendemain nous avons attaqué la question des communautés/réseaux. Avant de nous lancer dans le monde numérique, nous avons passé une heure à faire un tour de table afin de parler des communautés auxquelles chacun appartient. Nous avons réussi à faire cinq tours sur cette question et on aurait pu continuer encore. Des communauté de trois personnes à 25 000 personnes, certaines strictement dans le monde physique, d’autres appuyées par un espace virtuel et d’autres, uniquement virtuelles. Certaines de ces communautés sont plus formelless que d’autres. Le point commun qui nous lie dans une communauté – que ça soit une expérience passée (ex. études, milieu de travail, voyage), une activité que l’on partage ensemble (ex. école, danse, soccer, golf, jeux vidéos etc.), ou une particpation à une association, comité, organisation quelquonque. Peu importe, la communauté nous offre un monde riche d’échange dans les deux sens. On donne, on reçoit.

Avec ces belles histoires dans la tête et dans le coeur, nous avons ouvert, configuré et commencé à utiliser des réseaux en ligne dans notre espace numérique. Le but visé est que la communauté des JAS en formation émerge du groupe, puissent se poursuivre tout au long de la prochaine année, sans que les personnes soient physiquement ensemble. Comme tout communauté, ils se sont donnée une identité « les défricheurs » et une belle image qui les représente. Plus encore ils ont commencé à réfléchir plus loin, voyant le besoin de certains communautés pour tous les JAS, peu importe leur groupe de formation, pour un group spécificique privé et encore publique. Ils ont commencé à expérimenté avec les divers outils – wiki pour co-editer, forum pour discuter, docu-thèque pour partage de fichiers.

La technologie est simplement une extension de ce que nous faisons et ce que nous sommes dans la vraie vie. Avec des outils choisis judicieusement pour un besoin réel, bien installé et bien configuré, l’expérience utilisateur en est facilité. Pour du monde communautaire, c’est tout à fait normal que nous partons avec un système ouvert et libre du web solidaire comme BuddyPress. Et pour ses jeunes ambassadeurs du savoir, c’est essentiel que des outils du monde moderne les soutiennent dans leur démarches et activités.

Est-ce que cette formation a résonné pour eux? Voici leurs mots sur l’expérience

Atelier 1 : Présence web

Atelier sur la présence web – commentaires des participants

Atelier 2 : S’entre-aider – Communautés

Atelier S’entre-aider – communautes : commentaires des participants

Domaines :
Secteurs d'activités :
Méthodes et outils :

Techno-pédagogie

Qu’est-ce que la techno-pédagogie? Comme je me sers allègrement de ce terme, je me sens le devoir de tenter une définition. Surtout que des personnes comme Mario Asselin qui essaie (sans réussite) de dénicher un mot officiel sur le terme (voir son blogue Mario tout de go). Surtout que des amis et collaborateurs (comme Ghislain Drolet, conseiller pédagogique de la Commission scolaire de Laval), me demande souvent une explication. Surtout que nous commençons à voir des premières offres d’emplois pour techno-pédagogues! (voir l’offre de l’École nationale de police du Québec)

Et bien, voici ma prise 1 :

La techno-pédagogie est une sorte de bilinguisme, un pied dans les besoins humains et des processus d’apprentissage, et l’autre dans la technologie et tout son potentiel.

Donc, un techno-pédagogue peut encadrer le design, la réalisation et même l’implantation des interfaces, des environnements et des outils numériques qui soutiennent l’apprentissage ou divers processus. Le techno-pédagogue communique et travaille facilement avec des architectes de systèmes et des programmeurs autant qu’avec des des administrateurs, des formateurs etc. Il traduit les uns aux autres. Le techno-pédagogue réalise autant les études de besoins que les découpages techniques. Ce pont techno-pédagogique fait partie de la réalité de notre société numérique, c’est la capacité à pouvoir utiliser au maximum le potentiel des outils technologiques pour bien répondre aux besoins, qui sont d’abord et avant tout, humains.

Qu’en pensez-vous?

Pour plus encore j’ai produit un court document « La techno-pédagogie démystifiée » (pdf) (aussi en version anglaise, Technopedagogy) pour une rencontre au groupe Solvay.

Sinon, cette explication (en anglais) est pas mal : http://learningat.ke7.org.uk/english/old-english/eslplanet/www.eslplanet.com/papers/techped.html

Domaines :

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