Notre parcours passionnant d’une entreprise incorporée à une entreprise détenue par les travailleurs

Nos débuts en tant qu’entreprise incorporée

Comment combiner les nécessités du succès dans un monde des affaires dur et frénétique avec la passion de bâtir un monde plus équitable et durable? Comment bâtir une entreprise qui a le bien commun inscrit dans son cadre légal?

Tel était le défi auquel j’étais confrontée quand je me suis lancée dans l’aventure de bâtir un cabinet de conseil progressiste ayant du succès.

Comme beaucoup de femmes, je me suis lancée en affaires tard dans la vie. En 2007, à l’âge de 40 ans, j’ai quitté mon emploi confortable au gouvernement et j’ai fondé Percolab. Ma vision était de bâtir une firme guidée par une mission et capable de cultiver des partenariats sains et courageux promouvant l’innovation sociale. Heureusement, je n’étais pas seule. J’avais un partenaire d’affaires. Il était clair pour nous que notre entreprise opérerait autant localement, au Canada, qu’à l’international. Il était clair pour nous que nous voulions vivre notre entreprise comme un laboratoire et expérimenter de nouvelles façons d’apprendre, de travailler et de gérer nos affaires. Il était également clair pour nous que nous allions ouvrir nos méthodes et nos apprentissages pour les rendre accessibles au grand public. Ce qui n’était pas clair pour nous était quelle structure légale était la meilleure pour notre entreprise!

Notre organisation avait besoin :

  1. d’agilité pour démarrer immédiatement : nous ne voulions pas recruter d’autres fondateurs, nous voulions nous mettre en marche tout de suite;
  2. d’une grande liberté créative pour expérimenter et développer de nouvelles approches : nous ne voulions pas réprimer nos idées les plus folles ni avoir à convaincre autrui de leur bien-fondé;
  3. d’une protection de nos actifs personnels: nous étions conscients des risques financiers reliés au fait d’avoir une entreprise.

Au Canada, deux personnes dotées d’une idée d’entreprise et d’un accès à l’Internet peuvent s’incorporer en quelques minutes seulement. La constitution en société par actions est la structure d’entreprise vers laquelle presque tout le monde gravite. Mais nous avons déclaré que notre corporation était une entreprise sociale et nous nous sommes entendus pour la gérer comme telle, même si elle n’avait aucun cadre légal nous obligeant à le faire.

L’éveil à l’entrepreneuriat collectif

Faisons maintenant un saut de dix ans dans le futur vers une époque où les termes entreprise sociale, économie du partage, triple résultat net, B Corp et régime d’actionnariat des salariés sont devenus populaires (et fortement interreliés). Dix ans, c’est le temps que ça a pris à mon entreprise, Percolab, pour parvenir à la cohérence. Une entreprise basée sur la collaboration et la coopération, vouée à la création d’un monde plus équitable, juste et vivable devrait logiquement avoir un modèle de propriété conscient et cohérent. Ce qui suit est l’histoire excitante et mouvementée de notre parcours d’une entreprise incorporée à une entreprise complètement détenue par les travailleurs.

Je suis tombée sur l’entrepreneuriat collectif à la dure. Après 7 années d’opération, notre entreprise a frappé un mur : des difficultés financières. Nous avons fait ce que beaucoup d’autres font : nous avons essayé de protéger l’équipe de ce qui se passait plutôt que d’aborder le problème collectivement. Même si tout le monde était touché, la réalité de la situation n’a pas été partagée, ce qui a généré beaucoup de frustration, d’angoisse et de désinformation dans l’équipe, et beaucoup de stress pour les propriétaires. Les relations solides que nous avions développées ont commencé à s’effriter. Ce n’est que plusieurs mois plus tard, quand les choses ont commencé à se replacer, que j’ai commencé à réaliser que l’entreprise ne fonctionnait pas selon ses valeurs fondamentales, soit la cocréation, la communauté, l’ouverture. Cet incident a été comme un cadeau pour moi, car il m’a aidé à réaliser que la cogestion autant que la propriété partagée étaient des valeurs non négociables pour moi. Si nous devions frapper d’autres murs à l’avenir, il faudra que ce soit une expérience collective, que nous voyons venir ensemble, que nous vivons ensemble, assumons ensemble et résolvons ensemble.

Avec cela en tête, j’ai fait quelques propositions clés à mon partenaire d’affaires puis, ensemble, nous les avons présentées à l’équipe. Notre plan audacieux proposait plusieurs grands changements, tels que :

  1. Nous faisons formellement la transition vers une entreprise autogérée: l’intention, noble mais informelle, de fonctionner de façon non hiérarchique s’est avérée insuffisante, tel que nous l’avions appris;
  2. Nous adoptons des finances transparentes et des salaires autodéterminés: ça sera notre façon d’engager tout le monde dans la gestion des finances;
  3. Nous faisons la transition d’une entreprise incorporée à une coopérative: de cette façon, nous pourrons tous être copropriétaires de l’entreprise.

Vu que je viens du Québec, un endroit où la formule coopérative est populaire et considérée comme un choix logique pour l’entrepreneuriat collectif, j’ai choisi le cadre légal de la coopérative. Les coopératives répondent à sept principes reconnus au niveau international, allant du contrôle démocratique par les membres au souci du bien-être de la communauté.

Ces trois propositions ont généré beaucoup d’énergie et d’enthousiasme et elles ont été adoptées facilement. Les deux premières propositions devaient prendre effet dans les jours suivants et nous nous sommes donné sept mois pour faire la transition vers une structure légale de coopérative.

Première embûche

Au départ, tout se passait bien. La transition vers l’autogestion semblait naturelle. Pas à pas, nous avancions en développant une aisance grandissante avec des rôles rotatifs, une répartition du pouvoir, un processus de prise de décision basé sur le consentement.

Il en fut de même pour la transition vers des finances transparentes. Nous avons vécu de l’inconfort, puis un soulagement. Notre modèle de rémunération autodéterminée a eu impact immédiat. Chacun avait le contrôle de ses propres revenus, nous assumions notre valeur avec plus de clarté et nous étions plus directement impliqués dans les finances de l’entreprise.

Le virage vers un modèle coopératif tardait à se faire, cependant. Le délai prévu pour cette refonte de notre forme légale avait été dépassé et les tâches avaient été retardées. Nous étions dans l’incertitude quant à qui deviendrait réellement membre de la coopérative. Que se passait-il? Un de nos collègues a alors programmé, sur le thème « Tu embarques ou tu débarques? », un dîner d’équipe.

Cette invitation faisait preuve d’une certaine effronterie, mais c’était ce dont on avait besoin pour dépasser les grondements et les conversations de coulisses qui avaient cours. Après avoir reçu cette invitation, un membre de l’équipe a annoncé qu’il ne deviendrait pas membre de la coopérative et a remis sa démission. Je me demandais sérieusement si mon partenaire d’affaires deviendrait membre ou non. Cela faisait 17 ans que nous travaillions ensemble. Il est possible, et on pourra me comprendre, que j’évitais d’avoir cette conversation avec lui.

Le jour du dîner d’équipe est arrivé. Mon partenaire d’affaires a travaillé à domicile ce jour-là. Une heure avant le dîner, j’ai reçu un courriel de sa part. C’était un long courriel, un courriel qui a dû être douloureux à écrire. Il voulait se consacrer davantage à sa famille et nos chemins devaient donc se séparer. Ceci a ajouté un niveau de complexité supplémentaire au processus : j’étais en train de devenir une employée-membre-propriétaire d’une coopérative qui était en train d’acheter une entreprise dont j’étais à 50 % propriétaire!

Régler les détails

Il s’ensuivit une période de recherche d’information et de soutien. Quelle formule de coopérative était la bonne pour nous? Au Québec, nous avons trois options : coopérative de travailleurs, coopérative de producteurs et coopérative de solidarité.

Est ensuite venu le temps de procéder au transfert de propriété. Les membres de notre équipe s’attendaient à être impliqués dans le processus, mais les experts externes qui nous accompagnaient étaient plutôt habitués à un processus privé impliquant seulement les propriétaires de l’entreprise. Notre culture non hiérarchique s’est heurtée à ce processus, mais nous y sommes arrivés.

  1. Plan de transfert

En temps normal, un transfert d’entreprise nécessite un plan pour transférer la gestion des affaires à l’équipe. Nous avons appris que, dans notre cas, ceci ne serait pas nécessaire : l’équipe cogérait déjà l’entreprise. Dans notre organisation autogérée, tout le monde était déjà partie prenante des divers aspects de l’entreprise et était capable de la gérer. Fait!

  1. Évaluation de l’entreprise

La coopérative devait acheter l’entreprise incorporée. Il s’agit d’un achat réglementé à la valeur marchande. Un évaluateur détermine la valeur de l’entreprise. Ensemble, nous avons passé en entrevue des évaluateurs potentiels avec l’objectif de comprendre le processus et nous en avons choisi un ensemble. Le processus d’évaluation a été long à cause de la nature non conventionnelle de notre entreprise. Fait!

  1. Voie juridique appropriée

Quand les propriétaires restent au sein de l’entreprise, on peut procéder au transfert de celle-ci. Mais comme un des propriétaires venait de quitter notre entreprise, cette option ne s’offrait pas à nous. Avec une fermeture, on ferme l’entreprise et on en démarre une nouvelle sous un nouveau nom, mais en gardant la réputation et la clientèle des dix dernières années. Cette option ne nous convenait pas. Une fusion permet de démarrer une nouvelle entreprise tout en continuant de fonctionner avec l’ancienne pendant un certain temps, donnant ainsi le temps nécessaire pour acheter cette dernière et la fermer. Nous avons choisi de fusionner. Fait!

Nous étions maintenant prêts pour les dernières démarches légales : démarrer la coopérative et vendre l’entreprise incorporée. L’aventure, cependant, s’est compliquée quand nous avons rencontré une deuxième embûche sur notre parcours.

Deuxième embûche

Pour démarrer une coopérative au Québec, il faut remplir un formulaire simple et court. Nous avons convenu qu’il était important que quelqu’un d’autre que moi, la fondatrice de l’entreprise incorporée, remplisse le formulaire. Je suis partie en voyage d’affaires pendant quelques semaines et, à mon retour, ça n’avait pas encore été fait. L’enthousiasme initial avait cédé sa place à des inquiétudes et à des problèmes.

Heureusement, le moment de notre retraite d’équipe était arrivé. Lors de cette retraite, deux événements clés ont favorisé de façon décisive un changement dans notre dynamique. Une activité « Amusons-nous avec les mesures » nous a aidé à acquérir une vision et une compréhension plus larges de l’entreprise. Ce fut un rappel utile et tombé à point du fait que nous gérions tous cette entreprise ensemble.

J’ai alors demandé à tout le monde de se positionner sur une échelle indiquant notre niveau d’énergie face au démarrage de la coopérative. Je me suis placée au milieu de l’échelle et j’ai partagé ma frustration face au fait que, malgré notre engagement, une année complète s’était écoulée et que la coopérative vivait encore un blocage. Notre engagement n’avait pas été respecté. J’ai réfléchi, à voix haute, sur le fait que nous n’étions peut-être pas prêts à démarrer une coopérative. Peut-être qu’il faudrait retirer notre offre? Une conversation franche a suivi, dissipant nos fausses perceptions et nos peurs.

Dans la semaine qui a suivi, le formulaire de constitution de coopérative a été envoyé et notre règlement a été rédigé. Aussi facilement que cela, la coopérative a été créée et nous avons tenu notre assemblée de fondation. Heureusement, le processus juridique ne s’est pas avéré particulièrement compliqué.

Nous avons ensuite eu une rencontre malaisante avec notre avocat d’affaires, durant laquelle j’ai négocié, en tant que propriétaire de l’entreprise incorporée, un prix de vente avec les acheteurs, dont je faisais partie!

Rappel à la réalité concernant la propriété collective

Notre longue ascension n’a certainement pas été de tout repos. En tant qu’entrepreneure aguerrie, j’ai sous-estimé de façon naïve le changement fondamental que représentait pour les autres le fait d’assumer le rôle de copropriétaire d’une entreprise. Se joindre à une organisation en tant qu’employé est une chose, devenir en même temps copropriétaire d’une entreprise déjà établie en est une autre. Il peut s’avérer difficile d’assumer une nouvelle identité, de faire face à nos peurs, d’en comprendre les implications. Cela prend du temps et ce n’est pas fait pour tout le monde.

En effet, plusieurs personnes se joignent à notre entreprise à cause du travail intéressant que nous accomplissons, pour collaborer avec notre équipe du tonnerre ou pour faire l’expérience de notre autonomie et de notre leadership partagé. Mais peu de gens se joignent à nous parce qu’ils sont intéressés à être copropriétaires d’une entreprise et à la gérer et la développer avec autrui.

Alors que nous œuvrons à développer des façons cocréatives de travailler et des façons horizontales de gouverner, basculer dans le monde des coopératives semble n’être qu’un tout petit pas supplémentaire. Qu’arriverait-il si les entreprises se voyaient comme un levier de changement social, comme une plateforme où les gens peuvent apprendre à augmenter leur pouvoir d’action et devenir des humains plus engagés? Permettons-nous de rêver!

 

 

Les coopératives fournissent de l’emploi à 10 % de la population active de la planète. Pour plus d’information à ce sujet, visitez le site Web de l’Alliance Coopérative Internationale.

Apprenez-en plus sur le leadership horizontal en lisant mon livre : Going Horizontal: Creating a Non-Hierarchical Organization, One Practice at a Time.

Écoutez ma conférence à TEDxGeneva : The Future is in Business as Commons.

Cet article est une mise à jour et une traduction d’un article publié à l’origine dans le magazine Reimagining.

Un grand merci à tous les gens qui m’ont appuyée dans l’écriture de cet article : Cédric Jamet, Ria Baeck, Simon Grant, Stéphanie Bossé, Denis Côté, Olivia Horge, Brian Joseph et plusieurs autres. Remerciements particuliers au Réseau COOP pour son appui.

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Tiens, comment une organisation se tourne vers l’autogestion?

Vous pensez faire le saut vers l’autogestion ou vous vous demandez si votre mode d’auto-gouvernance peut être amélioré? Dans mon article précédent, Qu’est-ce que l’auto-gestion, vraiment?, j’explore ce qu’est l’autogestion et ce qu’elle n’est pas à travers l’histoire de percolab. Cet article va présenter en détails la manière dont notre entreprise, percolab, en est venue à adopter un système d’autogestion fondé sur des rôles.

Pour mettre les choses en contexte, percolab est une entreprise non conventionnelle qui s’est rendu compte que l’autogestion nécessitait une structure formelle. Nous savions que nous voulions aborder l’autogestion à travers une structure fondée sur des “rôles” ce qui veut dire :

1. Penser à une organisation en terme de buts et à tous les rôles et fonctionnalités qui permettent à l’organisation d’accomplir ses buts.
2. Abandonner les catégories et les titres d’emploi. Plusieurs personnes peuvent prendre différents rôles à différents moments – les rôles sont adaptables.
3. Distribuer l’autorité (le pouvoir de prendre les décisions) à travers l’organisation, grâce aux rôles.

Comme nous sommes une équipe de créateurs de processus, nous avons été très attentifs à la manière dont nous avons conçu les rôles qui fondent notre structure. Nous partageons aujourd’hui notre méthodologie dans l’espoir d’aider d’autres équipes en chemin vers l’autogestion.

Identifier les rôles de l’entreprise

Les rôles font déjà partie de nos organisations et entreprises; nous devons juste y prêter attention et les rendre explicites. Pour identifier les nôtres, j’ai porté mon chapeau d’identificatrice de rôles pendant quelques mois. J’ai résisté à la tentation de regarder ailleurs que dans notre entreprise pour ne pas être tentée de penser à quels rôles on “devrait avoir”. Depuis 9 ans, notre entreprise s’est développée selon son propre mode de fonctionnement et c’est avec cette base organique que nous voulions travailler.

Me focaliser sur la vie de tous les jours de l’entreprise m’a aidée à produire une liste préliminaire de rôles. Qu’est-ce que l’entreprise fait? De quoi parlent les gens? Où sont les points d’interrogation et de tension? En tout, 32 rôles sont ressortis d’eux-mêmes. Je leur ai donné des titres temporaires : banquier, protecteur légal, responsable des ateliers, producteur de vidéo, etc… Tout ça s’est fait de manière ouverte et transparente, selon les principes de l’autogestion. Nous étions alors près pour débuter le processus collectif.

Définir nos rôles ensemble

Définir les rôles en équipe nous a permis de bénéficier de l’intelligence collective de l’équipe.
C’était aussi une démarche active qui nous permettait d’intégrer le changement vers les rôles.
Lors d’une réunion d’équipe, nous nous sommes rappelé les raisons pour lesquelles nous étions en train d’adopter une structure fondée sur les rôles. Nous avons dessiné au mur la structure de base que chaque rôle devrait avoir (inspirée par Holacracy)  :

  • Le titre du rôle : clair et aligné sur notre culture
  • Le but du rôle : une courte description
  • Les responsabilités liées au rôle : les tâches et l’autorité de prendre des décisions
  • Les indicateurs des rôles : des indicateurs spécifiques pour aider l’équipe à voir si le rôle est bien pris en charge.

Nous partageons ici une ébauche de rôle comme exemple concret.

Titre : Banquier

But : Réduire le stress financier de tous les membres du collectif, mais aussi de nos collaborateurs et des organisations avec lesquelles nous faisons affaire.

Responsabilités

  • En conformité avec les lois, prévoir les réserves financières nécessaires pour s’acquitter des paiements au gouvernement, tout en gardant une trace des opérations.
  • Agir comme contact pour percolab auprès du gouvernement, et documenter l’information clé, les échanges et les problèmes éventuels.
  • Émettre des chèques, une fois que la documentation est dûment complétée, et, si nécessaire, approuvée.
  • Informer les membres si une situation financière difficile se profile et la résoudre ensemble de manière ouverte.

Indicateurs

  • Le stress financier des membres est bas -moyenne collective de maximum 2/10 chaque mois.
  • Les paiements sont effectués sous 30 jours.
  • Aucune pénalité ou intérêt dû au gouvernement

Nous avons convenu que chaque membre de l’équipe serait responsable de définir 4 ou 5 rôles. Les 32 titres annotés furent présentées sur la table. Chaque membre a choisi les rôles qu’il ou elle voulait définir.

Ensuite, nous nous sommes mis d’accord sur le processus suivant :

  • On mettrait en place un wiki (mediawiki) et chaque personne y placerait ses ébauches de rôles, dans un délai de quelques semaines.
  • Pour chaque rôle, chacun d’entre nous inviterait deux membres de l’équipe à bonifier et préciser la description du rôle, dans un processus de réécriture collective -pour bénéficier de leur sagesse et de leur expérience.

Grâce à ce processus, chacun d’entre nous avait accès à la définition de plus d’un tiers des 32 rôles, qui devenaient ainsi familiers.  Nous nous sommes tous engagés à lire TOUS les rôles avant notre prochain atelier pour avoir une vue d’ensemble des rôles.

Adopter et attribuer les rôles

Nous avons fait un atelier de 2,5 heures pour distribuer les rôles. Voici les principales étapes que nous avons suivies :

  1. Nous avons commencé par un court rappel de l’objectif principal des rôles. Ce ne sont PAS des titres d’emploi. Nous aurons tous à assurer plusieurs rôles et il y aura une rotation des rôles au fil du temps. Les rôles sont alignés sur le but de l’entreprise. (5 min)
  2. Nous avons pris un temps de connexion -de “check in”- en répondant à la question “De quelle couleur vous sentez-vous? Ça nous a permis laisser aller nos appréhensions. (5 min)
  3. Nous avons consacré 30 minutes à discuter des rôles en petits groupes, et à passer en revue ceux qui nous attiraient. Nous avons présenté à l’équipe 3 propositions d’améliorations. Si quelqu’un avait un problème important avec un quelconque contenu, c’était pris en compte. Nous avons réuni rapidement les propositions en suivant le processus de prise de décision intégré (Holocracry). (50 min)
  4. Nous nous sommes mis d’accord sur la date de mise en place du nouveau système de rôles. Cette journée-là, l’autorité (le pouvoir de décision) n’appartiendrait plus officiellement aux co-fondateurs et les membres de l’équipe assumeraient des responsabilités élargies. (30 min)
  5. Nous avons attribué chacun des rôles selon un processus à plusieurs étapes. Nous avons écrit le nom des rôles sur des fiches que nous avons disposées face à nous. Tour à tour, nous avons écrit sur les fiches qui nous pensions être la meilleure personne pour le rôle -et nous ne pouvions pas inscrire notre propre nom. Nous avons pris un moment pour prendre conscience de la perspective collective qui se dégageait. Puis chaque personne a identifié deux rôles qu’elle avait l’énergie d’assumer et les a énoncés sous forme de proposition. Le groupe a pu exprimer ses objections, s’il y en avait, lors de cette proposition. S’il n’y en avait pas, les rôles étaient attribués. À la prochaine étape, chaque membre se proposait pour un rôle supplémentaire et, encore une fois, nous avions vérifié s’il y avait des objections. À l’étape finale, tout le monde pouvait proposer quelqu’un pour les rôles restants (en vérifiant toujours les objections éventuelles), jusqu’à ce que tous les rôles soient attribués. (55 minutes)
  6. Nous avons conclu la séance en répondant à la question “De quelle couleur vous sentez-vous?”(5 min)

Cette image évoque le résultat de l’atelier. Le cercle intérieur représente les couleurs de notre “check-in” et les couleurs du cercle extérieur, nos couleurs après que les rôles aient été adoptés, attribués et qu’une date de mise en oeuvre ait été choisie d’un commun accord.

roles (2)

By our in-house artist, Roch!

Nous avons mis les informations à jour sur le wiki. Au final, nous avons adopté 30 rôles et un rôle partagé qui clarifiait ce dont chaque membre était responsable (en terme de projet et de gestion de projet)

Apprentissages

1. Les principes d’autogestion devraient être incorporés à la transition vers l’autogestion. Tout au long de la transition, personne n’impose quoi que ce soit à qui que ce soit. La création de processus est fondamentale.
Lessons

2. L’autogestion est un processus d’apprentissage sans fin – à propos des fonctions principales d’une organisation, et de nos propres capacités à faire le pas vers un système fondé sur les rôles, la collaboration et la confiance.

3. L’important, ce sont les rôles et les personnes. Dépersonnaliser le travail et la prise de décision, grâce aux rôles, tout en étant profondément humain les uns avec les autres : un bel équilibre!

Note : Cet article est le deuxième volet d’une série d’articles sur l’histoire de notre trajet vers l’autogestion. Au prochain épisode, on rentre dans la mise en oeuvre.

Voici un vidéo sur cette initiative chez percolab .

*Il serait bon de préciser qu’à percolab, chaque membre de l’entreprise détient le rôle “0” Projet – qui implique de générer, diriger et contribuer à des projets.

 

Merci à Églantine Pandele pour la traduction.

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Percolab awarded Montréal Community Cares Award

percolab was delighted to be recipient of a Montreal Community Care Award for  being socially engaged in the small/medium business award category.

To be recognised in this manner by the community is wonderful and was very surprising given that all that we do at percolab is natural, its not our mission to support the comamunity its our way of life. It runs through all our inititives from OutilVif – immigrant e-portfolio, ECTO – cooperative co-working space, Equipage – learning and development co-design process to recently bringing Art of Hosting to Montreal. It is also how we engage with our clients and how we together become socially engaged in their projects.

So, percolab is proud to receive this award, not just for ourselves but on also behalf of our wonderful friends in the community whom have supported us in our projects.

A big thank you goes to Évangéline Tardif for nominating us and for Juan Carlos for wonderfully presenting percolab on the night.

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